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    L’Académie norvégienne des Sciences et des Lettres attribue depuis 2003 le Prix Abel. Cette année, le lauréat est le français Yves Meyer. Il recevra son prix des mains de Sa Majesté, le roi Harald lors d’une cérémonie qui se tiendra à Oslo le 23 mai prochain. Le lendemain, Yves Meyer donnera une leçon publique à l’université d’Oslo. L’Académie d’Oslo offre une bourse pour un membre de l’AJSPI pour assister à cette remise.

    Les frais sont couverts avec un départ le 21 ou 22 au choix et un retour le 25 mai. En cas de candidatures multiples, le bureau choisira le candidat selon le souhait de l'Académie.

    Merci de faire parvenir à contact@ajspi.com votre candidature dans les plus brefs délais en précisant notamment si vous avez couvert l'attribution du prix en mars dernier.

    Pour le bureau,
    Sophie Becherel


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    À vos agendas ! La prochaine assemblée générale de l'AJSPI aura lieu le lundi 12 juin à Paris à l'Institut du Cerveau et de la Moelle, ICM Hôpital de la Pitié Salpétrière, 13ème arr. Elle devrait débuter vers 18h. Les détails pratiques (horaires précis, proposition de visites sur place...) vous seront communiqués ultérieurement. 


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    À vos agendas ! La prochaine assemblée générale de l'AJSPI aura lieu le lundi 12 juin à Paris à l'Institut du Cerveau et de la Moelle épinière, ICM Hôpital de la Pitié Salpétrière. Elle devrait débuter vers 18h. Les détails pratiques (horaires précis, proposition de visites sur place...) vous seront communiqués ultérieurement.

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  • 11/14/16--23:53: Lettre ouverte
  • Courant octobre, sur l’antenne de France Inter, Nicolas Sarkozy, candidat à la présidence de la République française, a publiquement remis en cause l’implication de l’Homme dans le dérèglement climatique. Son affirmation va à l’encontre de 97 % de la littérature scientifique sur le sujet, et d’un consensus scientifique mondial synthétisé par le panel de près d’un millier de scientifiques du GIEC. Et qu’un journaliste généraliste ne trouve rien à redire à cette contre-vérité en dit long sur l’insuffisant niveau de connaissances des Français sur ces enjeux pourtant majeurs. Oui, le climat de la Terre n’a jamais cessé de changer par le passé, mais ce qu’il faut retenir, c’est qu’il ne l’a jamais fait avec cette ampleur ni cette vitesse depuis le début de l’histoire humaine. Et le fait qu’il y ait des fossiles dans le Sahara ne changera rien à cette réalité.

    Le dérèglement climatique n’est pas une opinion, mais un fait. De même, il est avéré que cet emballement est lié aux activités humaines. Qu’une telle réalité soit niée par un candidat à la présidence, qui plus est un ancien président à l’origine du Grenelle de l’environnement, est extrêmement alarmant. Sa désinvolture vis-à-vis des connaissances scientifiques les plus reconnues trahit un rapport problématique au monde qui l’entoure. Comment peut-il renier une réalité qu’il a lui-même défendue ? Car, non, la science n’est pas une affaire de spécialistes travaillant en blouse blanche à l’écart du monde. La science est désormais au cœur de tous les débats de société : changement climatique, pesticides, vaccins, OGM, santé, nucléaire, énergies ou nanoparticules, la liste est longue. Et malgré cette omniprésence, les questions scientifiques ne sont toujours pas correctement appréhendées – voire même considérées – par les politiques ou les médias. Les propos climatosceptiques font irruption dans les colonnes des journaux, autorisés par des rédacteurs en chef peu sensibilisés aux modes d’élaboration des savoirs scientifiques tandis que les chercheurs ou les journalistes scientifiques peinent à faire entendre leur voix. Les enjeux scientifiques sont l’affaire de tous, car ils concernent l’avenir de l’humanité.

    De fait, il ne faut pas négliger l’éducation des citoyens à la science, celle donnée à l’école, mais aussi dans les journaux, à la télévision, à la radio ou sur internet. Les journalistes scientifiques ont un rôle essentiel de ce nécessaire effort de pédagogie. A cet égard, voir disparaître une à une les émissions scientifiques sans qu’elles soient remplacées nous inquiète au plus haut point. Pour ne donner qu’un exemple, après « C’est pas sorcier », « On n’est pas que des cobayes », voilà que l’une des dernières émissions télévisées scientifiques françaises, Futuremag sur Arte, va prochainement disparaître.

    Par cette lettre ouverte, nous dénonçons la dérive à laquelle nous assistons et appelons à une prise de conscience citoyenne, politique autant que médiatique.

    Le bureau de l'AJSPI


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    L’Institut des sciences de la communication (ISCC - CNRS/Paris-Sorbonne/UPMC) et l’AJSPI ont co-organisé, le 25 octobre dernier, un colloque sur le thème suivant : Les journalistes face au vaccin. Environ 90 personnes étaient présentes, dont une trentaine de journalistes, des communicants, des industriels, des chercheurs en science sociale, des professionnels de santé ainsi que des représentants politiques.

    La France est l’un des pays où l’on doute le plus des vaccins. Près de 40 % des français se disent plutôt ou tout à fait défavorables à la vaccination. Quant aux médecins, un quart d’entre eux expriment des doutes à l’égard des risques et de l’utilité de certains vaccins. Face à cette véritable épidémie de défiance, le gouvernement mène pour la première fois une grande concertation citoyenne sur la vaccination. L’objectif de ce colloque est certes de faire un point sur ces questions complexes des vaccins et sur les raisons des  réticences françaises, mais il vise aussi à analyser la manière dont les journalistes traitent ce sujet, à mieux comprendre leur place dans les différentes controverses vaccinales. Le regard croisé de chercheurs, de sociologues, d’industriels et de journalistes doit permettre non seulement d’éclairer les débats en cours mais également de mieux cerner le rôle spécifique des journalistes dans ce contexte.

    Ouverture

    La sénatrice Corinne Bouchoux ouvre la journée, soulignant la nécessité de débattre sereinement de ces questions. Gérard Arnold et Lise Barnéoud poursuivent, en précisant qu’il s’agit d’un débat organisé dans le cadre d’une collaboration entre l’ISCC, l’Institut des Sciences de la Communication du CNRS et l’AJSPI, l’association des journalistes scientifiques de la presse d’information.

    Histoire des réticences face aux vaccins

    Première intervention, celle d’Anne-Marie Moulin, médecin, philosophe et historienne des sciences, qui retrace l’histoire des réticences à la vaccination. Ces réticences émergent des religieux, mais aussi en réaction à la « violence de l’Etat » ainsi qu’à l’issue de controverses scientifiques. Aujourd’hui, le « rêve vaccinal » français (un vaccin 100 % efficace, sans effet secondaire, indolore, pour toutes les maladies et personnalisé) est en décalage avec la réalité, ce qui est source de déception et de défiance. Enjeu : passer de cette image historique idéale une représentation moderne plus réaliste.

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    État des lieux des réticences actuelles et déterminants de la confiance en France et en Europe

    Seconde intervention, celle de Jocelyn Raude, sociologue à l’EHESP. Le chercheur débute son intervention par le récit d’une expérience, menée par un journaliste allemand, qui a écrit un faux article scientifique affirmant que le chocolat faisait maigrir. Il est repris par la plupart des journaux européens alors que tout était bidon. Le sociologue cite également l’étude d’Heidi Larsson qui montre que le traitement médiatique français sur les vaccins est l’un des plus critiques au monde. Il observe un continuum parmi la population : les partisans (qui acceptent sans condition les vaccins), les prudents (qui acceptent la plupart des recommandations), les sceptiques (qui acceptent seulement quelques recommandations) et les opposants (qui rejettent sans condition les vaccins). Parmi ses explications sur la défiance : le déficit de culture scientifique, la persistance de vieilles théories médicales, la transformation radicale du « marché » de l’information avec Internet, la crise de confiance vis-à-vis des institutions…

    Qui fait la politique vaccinale en France et sur quels critères ?

    Vient ensuite la présentation de Daniel Floret, pédiatre, président du comité technique des vaccinations (CTV) de 2007 à 2016, qui présente comment se décide la politique vaccinale en France. Jusqu’à présent, le CTV émettait un avis et des propositions de bonnes pratiques en fonction des données disponibles sur les caractéristiques épidémiologiques des maladies, de l’évaluation des vaccins et de ses effets secondaires, des recommandations internationales, des modélisations de l’impact attendu d’une vaccination ou encore des études coûts/bénéfices. (Un problème : il n’existe pas de seuil coût/efficacité reconnu en France). L’avis du CTV était presque systématiquement suivi par le ministère. Un autre comité, le CEPS, était quant à lui chargé de déterminer le prix acceptable et les niveaux de remboursement (« avec un fonctionnement opaque pour moi », précise-t-il). Il fait également un point sur les différences entre les recommandations des différents pays en Europe (concernant notamment le rotavirus, la varicelle et l’hépatite B).

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    Le making off des vaccins

    Une discussion sur le « making-off » des vaccins suivait, avec Serge Montéro, vice-président de Sanofi France et président du comité des vaccins du LEEM, ainsi que Jean-Pierre Thierry, médecin, membre de la commission de la transparence de la Haute Autorité de santé où il représente les associations de malades. Serge Montéro nous indique le temps long entre les recherches sur les vaccins et leur éventuelle mise sur le marché, précise que la plupart des vaccins sont aujourd’hui dans le domaine public, mais que la complexité de fabrication est telle que les concurrents sont peu nombreux et les génériques inexistants. Cet oligopole peut poser des problèmes sur les prix, explique Jean-Pierre Thierry, mais pour l’heure, même si des éléments indiquent que le système pourrait commencer à s’emballer (prix des derniers vaccins), le secteur des vaccins reste encore vertueux comparé aux autres médicaments, notamment en cancérologie. Serge Montéro affirme que toutes les données, même les données brutes issues des recherches des industriels sont désormais accessibles à tous, ce que conteste Jean-Pierre Thierry, qui précise par ailleurs qu’une agence comme l’EMA, l’agence européenne du médicament est financée à hauteur de 85 % par l’industrie. Enfin, sur les suivis de pharmacovigilance, Serge Montéro précise les modalités de l’obligation qui est faite aux industriels de constituer une pharmacovigilance à partir des notifications des médecins et Jean-Pierre Thierry souligne l’intérêt d’un carnet de vaccination électronique dans ce cadre : cela permettrait la constitution d’un suivi en temps réel. Il insiste sur le fait que lutter contre « l’épidémie d’anxiété » actuelle c’est paradoxalement accepter de mieux communiquer sur l’incertitude.

    Les adjuvants, controverse centrale de la défiance

    L’après-midi débute avec une table ronde dédiée aux adjuvants aluminiques, entre Romain Gherardi, chercheur CNRS et auteur des premiers travaux sur la myofasciite à macrophages et Brigitte Autran, immunologiste à l’UPMC. De cette discussion émergent des points de convergence : le fait qu’une petite proportion de personnes vaccinées n’éliminent pas l’aluminium et que cette non-élimination provient notamment de prédispositions génétiques. Là où les avis divergent, c’est sur le lien entre les vaccins adjuvantés et la myofasciite à macrophage. Pour Brigitte Autran, Romain Gherardi observe un lien de temporalité, sachant que ces observations ont débuté au moment de la campagne de vaccination contre l’hépatite B où de nombreux adultes ont été vaccinés, alors que pour Romain Gherardi, il s’agit d’un lien de causalité : l’aluminium présent dans l’organisme des malades provient des adjuvants des vaccins et serait la cause des symptômes observés (douleurs musculaires et articulaires, fatigue…). Gherardi accuse les autorités de refuser de financer ses recherches, notamment parce qu’elles s’écartent du courant majoritaire et s’attaquent à des intérêts économiques, alors que Brigitte Autran estime que ces refus sont liés à la sélection drastique des programmes de recherche financés par l’État. Elle estime notamment que la problématique soulevée par Gherardi ne concerne au final que peu de monde (1 000 patients diagnostiqués par l’équipe de Gherardi au total).

    Étude sur la médiatisation de l’annonce par Marisol Touraine du plan d’action pour la rénovation de la politique vaccinale (12-15 janvier 2016)

    Céline Vaslin, chargée de ressources documentaires à l’ISCC, présente une revue de presse de l’annonce par le ministère de la Santé du plan d’action de rénovation de la politique vaccinale (janvier 2016). Elle relève une contradiction entre l’importance accordée à la question de l’obligation vaccinale, présentée dans la presse nationale comme un élément central du débat, et le fait que la vaccination n’est efficace que si le taux de couverture vaccinal est très élevé.

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    Oser le débat : comment informer dans un contexte aussi controversé que celui des vaccins ?

    Enfin, la dernière table ronde était dédiée aux traitements journalistiques. Alain Fischer, professeur d’immunologie et président de la concertation citoyenne sur la vaccination débute en précisant les objectifs de cette concertation et souligne le rôle pivot des journalistes dans le débat, espérant qu’ils soient capables de distinguer les différents niveaux de paroles (chercheurs, lanceurs d’alerte, malades…). Jérémy Ward, sociologue au SESSTIM (Marseille), nous dresse les principales conclusions de sa thèse : alors que les journalistes sont plutôt vus comme des contre-pouvoirs pour de nombreux sujets, ils ne jouent globalement pas ce rôle dans le domaine des vaccins où existe une crainte d’être délégitimé si l’on aborde ces controverses. Il distingue trois « types » de journalistes : le journaliste critique, le journaliste médecin et le journaliste « routinier ». Eric Favereau souligne le changement radical qu’il a observé dans le traitement journalistique des questions médicales avant et après les affaires telles que le sang contaminé ou H1N1. Pour lui, chacun doit rester à sa place, et la place d’un journaliste n’est pas celle d’un agent de santé publique. Alain Labouze confirme que le journaliste n’a pas pour mission première de rétablir la confiance des Français envers la vaccination mais qu’il doit informer sans tabou, même si parfois cela peut confronter à des dilemmes déontologiques (entre son métier de journaliste et le médecin qu’il a été).


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    L’AJSPI s’est associée au mouvement international de « Marche pour les sciences ». Il est né aux États-Unis, suite à l’élection de Donald Trump et de ses nombreuses remises en question de faits solidement établis, en particulier dans le domaine des sciences climatiques. La fabrique du doute n’est pas un travers propre aux États-Unis, et de ce fait, le mouvement s’est étendu au monde entier. Avec une vingtaine de marches prévues, la France arrive en seconde position des pays les plus mobilisés après les États-Unis. Le rassemblement parisien a lieu le samedi 22 à 13 h, Place Valhubert (devant le jardin des Plantes). La liste complète des marches en France est à retrouver sur le site marchepourlessciences.fr. 

    Le but du mouvement est de faire valoir « des sciences ouvertes au cœur de la démocratie ». Car plus que jamais, les sciences jouent un rôle dans le quotidien de tous les citoyens (vaccins, réchauffement climatique, OGM, nucléaire, etc.).

    4 axes forts sont mis en avant :

    • Défendre l’indépendance et la liberté des recherches scientifiques publiques
    • Promouvoir un meilleur dialogue entre science et société
    • Renforcer la culture scientifique et refondre l’enseignement des sciences
    • Renforcer l’emploi de méthodes et de résultats scientifiques dans le processus de décision politique

    Ce mouvement d’initiative citoyenne est totalement apolitique. La date du 22 avril a été choisie mondialement, à l’occasion du jour de la Terre. C’est la date anniversaire de la ratification des accords de Paris. L’intérêt en France de cette date tient au fait qu’il s’agit d’un jour de silence radio pour la campagne électorale.

    Le but du collectif à l’issue de la marche est de produire un livre blanc afin de soumettre des propositions au prochain gouvernement. L’AJSPI participera à sa rédaction sur les questions liées à l’information.


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    Plus de détails sur ce petit-déjeuner prochainement...

    Cette rencontre est réservée aux membres journalistes de l’AJSPI. Pour la bonne organisation de ce petit-déjeuner, n’oubliez pas de vous inscrire (connexion requise).


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    Compte-rendu du petit-déjeuner Bioéconomie du 30 mars 2017.

    La bioéconomie désigne tous les usages des biomasses (alimentation, chimie, énergie…) mais on sait mal la définir : est-ce la même chose que la chimie verte, l’économie circulaire ou la biologie industrielle ? En tout cas, l’actualité est riche sur ce sujet : en janvier dernier, la France a lancé sa stratégie nationale pour la bioéconomie ; le Conseil économique social et environnemental (CESE) publie, fin mars, ses recommandations pour rendre « durables » les bioindustries mobilisant les biomasses agricoles, forestières ou marines : le sommet des produits biosourcés (PBS) se tient à Lille fin avril. Quels sont les enjeux et les divers modèles de la bioéconomie qui se profilent ?  Qui est concerné par cette transition bioéconomique ? Va-t-elle nous affranchir de la dépendance au pétrole, et réduire nos pollutions et nos empreintes  carbone ?

    Avec :

    • Thierry Stadler, Vice-Président de l’Association Chimie du végétal (ACDV) organisateur du Plant Based Summit (25-26 avril 2017, Lille) et Président du Pôle de Compétitivité à vication mondiale Industries et Agroressources (IAR).
    • Jean-David Abel, co-rapporteur du rapport Bioéconomie soutenable du Conseil économique Social et Environnemental (CESE), vice président de France Nature Environnement.
    • Pierre-Alain Schieb, prospectiviste, ancien Chef des Projets de l'OCDE (notamment Bioéconomie 2030), premier titulaire de la Chaire de Bioéconomie Industrielle de Neoma Business School, Cofondateur du Forum BioRESP, Auteur et co-auteur de Bioraffinerie 2030, L'Harmattan, 2014 et Compétitivité et soutenabilité de la Bioéconomie 2050, L'Harmattan, 2016.
    • Thierry Stadler présente le pôle de compétitivité Industries et agroressources (IAR) qui fédère 350 adhérents. Il est aussi président du COS de l’Institut Carnot 3BCAR dédié aux bioénergies, biomolécules et matériaux biosourcés du carbone renouvelable.

    Il revient sur le terme de « bioéconomie » qui met du temps à être approprié par les politiques. Il désigne quatre marchés : l’agroalimentaire, la chimie, les matériaux biosourcés et les bioénergies. La bioéconomie est basée sur le carbone renouvelable dont l’usage a une moindre empreinte carbone que les ressources fossiles.

    La bioéconomie est une notion qui vise à décloisonner et à traiter les activités dans des écosystèmes. Elle change les relations entre les organisations et la répartition des valeurs. Le pôle IAR est un creuset pour inventer de nouveaux débouchés : usages des fibres végétales pour l’automobile, des sucres pour les bioplastiques… Les nouveaux produits sont peu perceptibles par le grand public car leurs clients sont des intégrateurs (B to B) qui ne mettent pas forcément en valeur les changements de composants (ex les tableaux de bord ou intérieurs des portières biosourcées fabriquées par Faurecia pour les constructeurs automobiles)

    Pour saisir le foisonnement récent des produits biosourcés, il faut visiter l’Agrobiobase qui présente plus de 300 produits…

    La bioéconomie concerne non seulement l’agriculture mais aussi la forêt et la mer. La valeur ajoutée du recours aux biomasses c’est une moindre empreinte CO2. Ce sont les modes de production des biomasses qui vont être déterminants : ils peuvent contribuer jusqu’à 50% aux bilans carbone des analyses des cycles de vie (ACV). Ces ACV doivent donc être territoriales. L’ADEME et l’Association Chimie du végétal sont engagés dans des procédures normalisables. Une étude comparative biosourcé/pétrosourcé sur les portières de voiture a été publiée

    Globalement, le bénéfice environnemental donne un premium de 10 à 15% aux matériaux biosourcés par rapport aux produits pétrosourcés. Il faut souvent chercher d’autres atouts et fonctionnalités comme l’allègement des structures dans les transports (-30% du poids avec matières composites avec du chanvre ou du lin). Les matières isolantes en chanvre progressent aussi dans le bâtiment. Les pays nordiques ont développé beaucoup d’applications : la fabrique de cartons et papier à partir d’amidon, la fermentation à partir des sucres… Mais ce qui est important à souligner ce sont les nouveaux procédés (extraction, génie génétique et enzymatique…) qui permettent de déconstruire la lignocellulose pour récupérer des sucres, la lignine et des résines. Les marchés les plus porteurs aujourd’hui sont ceux de la détergence, des biolubrifiants, des peintures biosourcées.

    Dans le domaine de l’énergie, les unités de méthanisation dépendent des prix de rachat du gaz réinjecté dans les réseaux. On voit des tracteurs qui marchent au biogaz notamment en Italie.

    Pour l’alimentation dite « intelligente » , on développe des protéines végétales (groupe de travail dédié au sein de la NFI).

    Concernant la compétition avec l’alimentation, la position du pôle IAR est de miser et valoriser des « spécialités ». Ce sont des marchés de niches différents à forte valeur ajoutée

    Les partenariats public-privé sont indispensables : le consortium Biobased industries (BBI) permet ainsi de développer des démonstrateurs. La Bioeconomie est soumise aux aléas du prix du baril qui aujourd’hui est bas et maintient certains projets dans les tiroirs.

    Jean-David Abel souligne l’interdépendance des secteurs de la bioéconomie qui offre diverses opportunités : des substitutions aux ressources fossiles ; une organisation circulaire de la production (sortir du gaspillage) ; une valorisation de l’économie locale avec ses atouts humains et environnementaux.

    Une surexploitation peut se produire si nous ne sommes pas capables de coordonner ces activités, de hiérarchiser les usages, de veiller au bon usage des sols, de limiter les flux internationaux de matières agricoles (huile de palme, bioraffineries portuaires). Il faut veiller à éviter la concurrence de tous contre tous !

    La stratégie nationale cumule les données, présente les opportunités, mais ne hiérarchise pas les actions. Nous aurions besoin d’une Task Force capable de produire des scenarios.

    Aujourd’hui en France, il y a 900 unités de méthanisation (Ségolène Royal en veut 5 000)  qui utilisent les effluents agricoles et les déchets organiques des collectivités. On envisage des cultures dites « dérobées » (sur les bordures) mais pas la solution allemande de cultures dédiées.

    Selon Thierry Stadler, on utilise des technologies allemandes pour nos méthaniseurs qui utilisent pourtant des matières très diversifiées : ce n’est pas adapté. On ne sait pas bien valoriser la chaleur. Mais nous avons progressé en sortant les digestats de statuts de déchets !

    Pierre-Alain Schieb rappelle les travaux qu’il a menés pour l’OCDE avec la vision orientée techno de la bioéconomie : les biotechnologies ont été vues comme des leviers pour des ruptures dans les modes de production, les styles de vie et la gouvernance. Il présente le livre qu’il a publié sur la bioraffinerie de Pomacle-Bazancourt. Celle-ci constitue un cluster d’écologie industriel avec des chaires de Centrale et AgroParistech et un chiffre d’affaires annuel de 700 M€. Des efforts ont été accomplis pour baisser les consommation d’eau et pour valoriser le C02 (implantation d’Air Liquide pour produire du gaz carbonique biologique).

    Il y a 37 bioraffineries en Europe (et 2 en construction) : il en faudrait 400 si l’on veut être à la hauteur des défis et convertir 15 à 20% de la pétrochimie Européenne en production biosourcée (aux Etats Unis où on en compte déjà 280).

    P-A Schieb présente  son travail prospectif qui a donné lieu à un  livre sur la bioéconomie soutenable. Il pointe le « coût de l’inaction » qui aboutit d’ici 2050 à voir l’Europe importer du charbon et des bioressources (comme l’huile de palme très compétitive) et à baisser drastiquement ses productions de betteraves. C’est très inquiétant, estime-t-il tout en remarquant que personne ne s’alarme véritablement.

    La bioéconomie c’est pourtant un outil de mise en cohérence, pour tenir tous les bouts de la soutenablilité. Les gens sont focalisés sur les questions climatiques ou d’usage des sols et ne regardent pas le reste ce qui conduit à des politiques qui ne sont pas robustes.

    On peut progresser dans la construction de scenarios désirables pour aligner les facteurs et les acteurs. Il faut signaler que les volants d’action sont faibles car une politique très volontariste déplace peu la trajectoire (3%) à court ou moyen terme. Mieux vaut commencer tôt  si l’on veut infléchir une trajectoire au bénéfice des futures générations.

    Questions

    1/ Les distorsions de concurrence avec les produits pétrosourcés  - par PA Schieb

    Il nous faudrait disposer des bilans complets des impacts de ce que nous consommons. Importer des produits indiens, cela a un impact local en terme de coût en eau, en énergie, en transport. De même les pellets de bois de l’Ouest Canadien qui transitent par la Canal de Panama pour alimenter les chaudières européennes.

    La non taxations des carburants pour le transport aérien et maritime international constitue un manque à gagner pour la France de 6 Milliards d’€ par an (70 Milliards d’€ pour le monde). C’est le résultat de la Convention de Chicago de 1954 qui exonère le transport international aérien de toute taxe sur les carburants.

    L’OCDE a chiffré ce que cela représente comme subventions directes au secteur pétrolier, soit 548 milliards de US dollars ramené à 350 milliards aujourd’hui. Le Fonds Monétaire International estime que si l’on inclut les coûts environnementaux afférents le manque à gagner est de  5 000 milliards de US dollars. Ces subventions aux ressources fossiles devraient faire l’objet de compensations en faveur des productions biosourcées dans les territoires si l’on ne peut les supprimer.

    2/ Le modèle Vulcain mis en avant à la fin du rapport du CESE  - par JD Abel

    Il s’agit d’agréger les données sur les usages des ressources minières, renouvelables ou non renouvelables. Faire apparaître un équilibre calculable en superposant les données physiques et les données économiques. Il y a des problèmes de déplétions dans les matières premières mais aussi dans les services écosystémiques : il faut parvenir à instaurer des régulations.

    Au plan local cela passe par des accords entre acteurs interdépendants (producteurs et acheteurs). Une illustration est donnée avec un territoire de la Drôme où un collectif couvrant 500 hectares s’était entendu pour produire QUOI ??? avec un prix garanti. Mais l’attraction à un moment vers un prix plus attractif a fait échouer l’organisation. La concurrence casse les efforts de stabilisation.

    Pour le bois, Il existe des contrats avec l’ONF sur 15 ans, qui évitent les fluctuations du pétrole

    Pour les déchets agricoles et leur valorisation gaz, on voit des concurrences aux frontières avec des camions qui peuvent faire 200 kms pour acheminer les cargaisons dans des territoires qui offrent un meilleur tarif de rachat.

    3/ Initiatives de Bioéconomie à l’échelle locale :

    • Bioraffinerie de Pomacle-Bazancourt (Reims) par deux coopératives :  VIvescia et Cristal Union (cf. Livre Bioraffinerie 2030).
    • Bioraffinerie de Borregard (Danemark).
    • Reconversion en Sardaigne (Porto Rosso) d’une raffinerie pétrolière  en bioraffinerie par Novamont pour la faire tourner avec le chardon local (investissement de départ 200 ME et cumulé de 500 M€).
    • Bioraffinerie locale en Ecosse pour des communautés isolées et fragiles et leur donner une autonomie (pas de réseaux de transports locaux efficaces).
    • Valorisation des déchets municipaux à Rotterdam en projet avec la société ENERKEM du Canada et Akzo Nobel sur place (communiqué de presse).

    Références récentes :

    Numéro spécial de Réalités Industrielles (Annale des Mines) Février 2017 : La biologie industrielle : enjeux technologiques, économiques et sociétaux. VOIR Notamment, distorsion de compétition, page 63.


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    Comme annoncé durant l’assemblée générale, nous cherchons un nouveau permanent pour gérer le secrétariat de l’AJSPI. Merci d’adresser vos CV et lettre de motivation à Viviane Thivent : recrutementajspi@gmail.com. L’entretien est envisagé début juillet. N’hésitez pas à diffuser l’info au sein de vos réseaux !

    Description du poste

    1. Finances en coordination avec le trésorier

    • Suivi et classement des pièces justificatives, règlement des factures et des remboursements de frais, rapprochement bancaire mensuel,
    • Suivi et encaissements des cotisations journalistes, relances des cotisations non réglées
    • Facturation, suivi des encaissements des cotisations Club et relances,
    • Suivi du budget Bourse d'échange chercheurs/journalistes,
    • Chaque mois, présentation d’un rapide « bilan » comptable au trésorier, avant la réunion mensuelle du bureau

    2. Secrétariat des assemblées (deux fois par an)

    • Préparation et suivi des assemblées générales (organisation avec le site d’accueil, tenue de la feuille de présence, PV, Décisions du bureau) ;
    • Formalités et validation : statuts, changements des membres du bureau, sur site Service Public Asso (Bureau des Associations de la Préfecture).

    3. Administratif

    • Traitement journalier des mails ;
    • Mise en ligne des invitations et informations Club ou journalistes (petits déjeuners, visites…), sur le site ;
    • Suivi des annonces partenaires ; 
    • Mise à jour des listings Dropbox (membres et Club) ;
    • Création de l’accès au site pour les nouveaux membres : Club et Journalistes ;
    • Suivi et mise à jour des abonnements en ligne type HelloAsso, SIMPA.

    4. Relationnel/événementiel

    • Relation et Assistance aux membres journalistes et Club par mail, et par téléphone (le numéro de portable du secrétaire est celui de l’association) ;
    • Organisation de l’assemblée générale : coordination traiteur et lieu de réception ;
    • Réservations petits-déjeuners, déjeuners de bureau ;
    • Représentation de l’association lors des évènements avec des tiers : assemblée générale, conférence, colloque ISCC, etc. ;
    • Présence et participation aux déjeuners du bureau (une fois par mois).

    Lieu : Paris. Nombre d’heures : 30 heures par mois. Statut auto-entrepreneur ou portage salarial. 

    PS : Les membres de l'AJSPI peuvent postuler, sous réserve qu'ils aient de solides compétences en comptabilité.


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    Merci de noter la date dans vos agendas. Plus d'informations très bientôt.

    Cette rencontre est réservée aux membres journalistes de l’AJSPI. Pour la bonne organisation de ce petit-déjeuner, n’oubliez pas de vous inscrire (connexion requise).


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    Quelles sont les différentes techniques utilisées pour la traduction écrite et pour la traduction orale ? Quelles méthodes de traduction automatique sont adaptées à quels besoins ? Quels obstacles reste-t-il à franchir pour atteindre le Graal de la traduction simultanée, et faire en sorte que les langues plus rares ne restent pas les parents pauvres de la traduction automatique ? Pour répondre à ces différentes questions, nous avons invité, le 13 juin 2017, François Yvon et Laurent Besacier.

    François Yvon est directeur du Laboratoire d’informatique pour la mécanique et les sciences de l’ingénieur (LIMSI, CNRS). Ses travaux portent principalement sur les méthodes d’apprentissage statistiques (probabilistes ou à base de réseaux de neurones) appliquées à la traduction automatique de documents écrits ;

    Laurent Besacier est professeur à l’université Grenoble Alpes, au Laboratoire d’informatique de Grenoble (CNRS/Inria/UGA/Grenoble INP), dont les recherches portent essentiellement sur la reconnaissance automatique de la parole. 

    En guise de compte-rendu, nous vous proposons l'interview réalisée par Universcience.tv à l'issue de ce petit-déjeuner.


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    Du 13 au 16 octobre prochain, se tiendra à l’île de Groix le 26e Challenge national « Voile-Recherche » organisé par le CNRS. La compétition oppose différents laboratoires scientifiques, mais depuis plusieurs années, l’AJSPI est invitée à participer. Afin de décider si nous nous engageons cette année encore dans cette régate, nous lançons un appel afin de savoir quelles sont les personnes intéressées.

    Quelques informations importantes. Le bateau peut accueillir jusqu’à 8 participants. L’AJSPI prend en charge sa location, mais le transport jusqu’en Bretagne ainsi que la nourriture sont à la charge des participants. Notez que l’expérience n’étant pas de tout repos, mieux vaut être en parfaite condition physique. Pas besoin d’être expérimenté, mais, pour des raisons de sécurité, l’équipage ne pourra pas être constitué uniquement de débutants.

    Merci de nous signaler votre éventuelle participation en cliquant sur le lien « s’inscrire ».

    Cet événement est réservé aux membres journalistes de l’AJSPI. Pour y participer, vous devez vous inscrire (connexion requise) et vous devez être à jour de votre cotisation.


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    C'est la saison des bourses pour journalistes, n’hésitez pas à tenter votre chance (en anglais).

    • une semaine, (presque) tous frais payés au Marine Biological Laboratory, à Woods Hole, Massachusetts. Du 30 mai au 8 juin 2017. Deadline 1er mars. 
      http://www.mbl.edu/sjp/
    • Travel / accomodation / registration fees fellowship pour la 10ème Conférence mondiale des journalistes scientifiques, du 26 au 30 octobre 2017 à San Francisco. Deadline 15 mars. 
      http://wcsj2017.org/about/fellowships/
    • Travel / accomodation / registration fees fellowship pour la conférence Falling Walls, les 8 et 9 novembre 2017 à Berlin. Deadline 25 juin. 
      http://www.falling-walls.com/fellowships/about
    • 9 mois tous frais payés à Boston, accès aux cours de Harvard et du MIT, du 15 août 2017 au 15 mai 2018. Deadline 28 février 2017. 
      http://ksj.mit.edu/applying/

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    Compte-rendu du petit-déjeuner organisé le jeudi 26 janvier 2017 par l’AJSPI et le CNRS sur le thème : « Techniques de modification du génome : jusqu’où ira t-on ? ». À cette occasion, étaient invités Carine Giovanangelli et Patrick Gaudray...

    • Carine Giovannangeli est chercheur CNRS au Laboratoire « Structure et instabilité des génomes » (CNRS/MNHN/Inserm). Elle développe et optimise des outils d’ingénierie génomique, et peut donc décrire comment ils fonctionnent, leurs avantages et leurs limites. Elle nous parlera des applications possibles en recherche et en thérapie génique humaine.
    • Patrick Gaudray était directeur de recherches en génomique au sein de l’unité Génétique, immunothérapie, chimie et cancer (CNRS/université François-Rabelais Tours). Il est aujourd’hui membre de plusieurs groupes de réflexion sur le sujet, au Comité consultatif national d’éthique et au Haut conseil des biotechnologies. Il témoignera des questions qui agitent la communauté scientifique sur ce thème, et notamment : qui peut discuter de l’usage de ces techniques ? Quid de la réversibilité des modifications génétiques induites  ?

    En guise de compte-rendu, nous vous proposons de retrouver en vidéo l'entretien que Patrick Gaudray a bien voulu accorder aux journalistes d'UniverscienceTV. Pour des raisons d'emploi du temps, Carine Giovannangeli n'a pas pu participer à cet entretien.


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    L’Université de Paris-Saclay et l’ESJ Lille vous proposent un Master en ligne consacré au climat, spécialement destiné aux journalistes en activité et étudiants en journalisme.

    Cette formation s’efforce d’aborder toutes les facettes de la problématique climatique (physique du climat, liens avec l’énergie, l’économie, le droit, la pensée sociale et écologique...) ; et elle a pour originalité d’être co-construite par des climatologues et des journalistes spécialisés, dont beaucoup sont membres de l’AJSPI.

    Le Master est payant dans sa version diplômante (le prix, modeste, peut être couvert par la formation continue), mais les membres de l’AJSPI souhaitant le suivre gratuitement peuvent le faire s’ils renoncent au diplôme, nous ont indiqué les organisateurs. Il suffit de contacter Philippe Bousquet du LSCE : philippe.bousquet@lsce.ipsl.fr 

    La formation démarre le 3 octobre.


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    Compte-rendu du petit-déjeuner AJSPI/CNRS du 21 septembre 2007.

    Alors que la présence de robots se développe dans les entreprises, pour des tâches de manipulation d'objets et de services en général, mais aussi dans les lieux publics (aéroports, gares) ou dans les établissements médicalisés (maisons de retraite, hôpitaux), et dans l’habitat, par exemple pour des services d'aide à la personne, la question de la coexistence des humains avec ces machines devient cruciale. Des problèmes tous à fait pratiques se posent : comment gérer cette proximité physique des humains et des machines, par exemple pour la sécurité et pour une interaction facilitée? Se posent aussi de nombreuses questions sur la nature des liens qui peuvent ou non se nouer entre les robots et les humains, au travail et sur le plan personnel.

    Deux chercheurs du CNRS pour répondre à nos questions :

    • Raja Chatila qui a fait toute sa carrière au LAAS à Toulouse et dirige pour quelques semaines encore l’ISIR, institute of intelligent systems and robotics au sein de l’UPMC. Ensuite, ayant obligation de prendre sa retraite, il sera professeur des universités à l’UPMC. Il dirige aussi un LABEX sur l’interaction humains/machines.
    • Véronique Aubergé, chercheuse au LIG/GETALP et spécialiste de la robotique au service des personnes. Sa double thèse en sciences du langage et en informatique menée au sein d’un laboratoire industriel lui donne une vision à la fois académique et appliquées de la recherche.

    Le sujet est vaste et il a été difficile de cadrer la discussion tant les questions étaient nombreuses.

    Ont été évoqués :

    Le statut de « personne électronique »

    La récente initiative de la commission juridique européenne qui poussait pour que la commission donne aux robots le statut de « personne électronique ».  Car déjà se pose la question de la responsabilité des robots. Ce  statut permettrait aux propriétaires d'assurer leur robots et aux constructeurs de se dédouaner en cas d'accident : par exemple  si une voiture autonome renverse un piéton, ou si  un robot « compagnon » renverse la personne âgée dont il est censé prendre soin, ce n'est pas le constructeur de la machine qui  serait responsable mais la personne ou la  maison de retraite qui en est la propriétaire. Mais attention, car si on les dote d’un statut, les robots auront des devoirs mais aussi des droits !. Comment  imaginer  ces droits ? Si les machines sont anthropomorphes auront-elles les mêmes droits que les hommes ? Ce n’est pas souhaitable selon Veronique Aubergé car les effets de la robotique sur les hommes restent un domaine à explorer. Figer les choses, poser des règles, c’est à coup sûr préparer une opposition aux robots. Il faut avant tout modéliser la communication humaine puis humains/robots avant d’imposer des règles. D’un point de vue fondamental, c’est ce à quoi elle s’emploie : qu’est ce qui fait le langage, la communication ? Et pourquoi les hommes investissent-ils autant dans les robots notamment d’un point de vue affectif ? Sa conclusion est que le désir de robots anthropomorphes ou humanoïdes vient d’un sentiment d’isolement de plus en plus fort des humains. Pour elle, ce qui compte dans le développement d’un individu, c’est l’attachement et la perte de lien inter humains à laquelle nous assistons conduit à ce « transfert » sur les robots. C’est d’autant plus vrai qu’on met beaucoup d’anthropomorphisme désormais sur les robots (humanoïdes and co). Le danger est qu’un robot qui exprime des sentiments peut être perçu comme un robot qui éprouve ces sentiments. Un robot qui parle est perçu comme un robot qui comprend ajoute Raja Chatila. Il est donc majeur de se poser la question des conséquences  qu’un robot peut avoir sur un humain. Ex : si un robot dit « je t’aime » à un enfant, comment celui-ci perçoit-il cette phrase ? A-t-il conscience que le robot n’est qu’un objet ?

    Le nécessaire contrôle des effets de la relation

    Veronique Aubergé insiste, dans le cas de personnes fragiles en particulier (personnes âgées ou enfants), sur l’importance de mesurer et qualifier la charge émotionnelle induite par la présence du robot. Elle mène des études avec des personnes âgées. Selon elle, des robots peuvent aider à rétablir une communication inter individus. Donc le robot a du bon en somme. Il fait prendre conscience de la différence entre hommes et machines et amène à privilégier les relations sociales entre humains.

    Les questions d’éthique

    Raja Chatila signale qu’il existe le CERNA http://cerna-ethics-allistene.org/ qui travaille set donne des avis ur l’éthique de la recherche en robotique.  Les équipes ne sont pas unanimes sur l’attitude à avoir et sur la nécessité ou pas de mettre des garde-fous.

    La notion de morale

    ( Le choix que fera une voiture autonome par exemple en cas de décision à prendre :écraser une personne ou tuer les passagers de la voiture ?) La difficulté vient de ce qu’on a tendance à attendre le zéro défaut d’une machine. Or ce n’est pas possible.  Il faut le savoir et l’accepter, selon les deux chercheurs.

    Les assistants vocaux

    V. Aubergé se demande pourquoi il y a une demande pour ces objets aujourd’hui alors qu’il y a longtemps que la techno est maitrisée (les visiophones c’est la même chose selon elle). Elle pose aussi la question de l’objet : pourquoi avoir fait un objet à part alors qu’on aurait pu mettre ces fonctions  d'assistants vocaux dans les smartphones ?  Son explication est toujours autour de l’attachement. Les êtres humains ont besoin d’objets auxquels s’attacher. Mais en même temps, le robot est celui qui  -peut-être- nous apprendra à nous passer de robot ! (si l'on parvient bien à faire la différence entre la  relation avec une machine et la relation humaine).


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    Les JNE et l’AJSPI vous convient, le 12 octobre de 9h30 à 12h30, à un atelier formation sur la thématique : « Biologie de synthèse, un pari risqué ? »

    Guérir des maladies incurables aujourd’hui, répondre aux défis alimentaires mondiaux ou encore assurer la production d’énergie renouvelable, telles sont les promesses de la biologie de synthèse. Dans le même temps, la manipulation du vivant constitue une source de vives inquiétudes sur les impacts de ces technologies et la réelle maîtrise de leurs risques et des dérives potentielles. Le fait de vouloir modifier les génomes nous confronte aussi à de nouveaux défis éthiques : peut-on et doit-on orienter l’évolution du vivant ? Quelles sont les limites ? Faut-il poser des interdits ?

    L’atelier de formation vous propose de faire le point sur les dernières avancées de la biologie de synthèse et ses risques dans ces principaux champs d’application (agriculture, médecine et industrie) à travers de courtes présentations et des débats.

    • Les liens avec la biodiversité : effets bénéfiques et délétères
      Barbara Livoreil, Fondation pour la Recherche sur la Biodiversité
       
    • Les nouveaux OGM, les NBT, New Breeding Techniques
      Yves Bertheau, Museum national d’histoire naturelle (MNHN)
       
    • Xénobiologie, la programmation du vivant et utilisation industrielle de la biologie de synthèse
      Philippe Mareil, Xenome au sein de l’ISSB de Génopole à Évry
       
    • Thérapie génique et CRISPR CAS 9
      Sandrine Marlin, Centre de Référence des Surdités génétiques, Département de génétique, Hôpital Necker
       
    • La construction d’une industrie hors de l’attention des médias
      Benjamin Raimbault, Laboratoire interdisciplinaire Sciences innovation Sociétés (LISIS)
       
    • Annonce d’un avis du CCNE sur CRISPR CAS 9 qui devrait être rendu fin octobre
      Comité consultatif national d’Éthique (en attente du nom de l’intervenant et sous réserve)

    Le nombre de places étant limité, merci de vous inscrire rapidement en envoyant un courriel à contact@jne-asso.net


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    Compte-rendu de la visite de la Digiferme d'Arvalis du 26 septembre 2017.

    « Tout ce que l'on fait ici doit être utile, utilisable, et utilisé » : c'est le slogan d'Arvalis-Institut du végétal, un centre de recherches privé au service des 400 producteurs qui le financent.

    Nous avons visité  le plus important en taille des 35 sites de l'Institut,  situé sur  le domaine de Boigneville, dans l'Essonne.

    Et nous aurons appris, avant de parler numérique, quantité de choses sur les cultures :

    • de quelle façon les céréales à paille (différentes sortes de blé, orge brassicole par exemple) sont attaquées par des ravageurs spécifiques lors du stockage dans les silos. Or un insecte trouvé dans une cargaison de blé, c'est tout le blé qui est renvoyé à l'expéditeur ! Pour les éliminer, à l'étranger, on envoie du gaz dans les silos. Une méthode quasiment pas utilisée en France, où nous préférons traiter le grain avec des insecticides. En attendant de trouver plus écologique, car Arvalis mène de nombreux  essais sur la ventilation et les variations de température, qui permettrait de venir à bout de ces parasites tout en respectant l'environnement.
    • Arvalis mène ici des essais uniques en France et sans doute en Europe  sur le travail du sol, grâce à une parcelle d'essais suivie depuis 1971. Une partie de cette parcelle  est mise en  labour (terre retournée sur 30 cm de profondeur pour éliminer les mauvaises herbes ou adventices), une autre en semi-labour (moindre profondeur, ou labour une année sur deux) et sur une troisième est testée la technique du  semis direct : les sols ne sont pas du tout labourés entre deux cultures.

    Les différentes techniques ont leur avantages et leurs inconvénients, qui en période de polémique sur le glyphosate sont particulièrement intéressants à étudier :

    Le semis direct limite l'érosion des sols, concentre le carbone en surface. Il est recommandé surtout pour des sols fragiles, à condition d'y ajouter des couverts végétaux (moutarde, luzerne, etc) qui permettront de mieux stocker le carbone dans le sol.

    Inconvénients : cette technique favorise les carabes (insectes ressemblant à des scarabées), ou de plus gros ravageurs comme les limaces et les campagnols ; et surtout  le semis direct favorise les mauvaises herbes, devenues un vrai problème en Ile de France notamment. Ce qui a pour effet d'impacter les rendements, et engendre aussi des problèmes sanitaires : recrudescence de l'ergot, un champignon aux pouvoirs hallucinogènes,  très mauvais pour la santé humaine même à dose infime, donc totalement proscrit dans les cultures ! 

    Pour éviter l'ergot et les mauvaises herbes, on a donc pas encore trouvé mieux que le labour, estime- t-on chez Arvalis. A moins de recourir au glyphosate (round-up de Monsanto), seule solution efficace contre les adventices. 

    Mais le coeur du sujet de notre visite, c'était le numérique !

    Arvalis se présente sur ce sujet comme le 60 million de consommateurs des agriculteurs : il teste les logiciels, les équipements, et préconise les mieux adaptés aux besoins de l'agriculteur. L'avenir selon eux : le pilotage  des cultures par le numérique, avec des outils d'aide à la décision, qui ne remplacent pas l'agriculteur, mais sont là pour lui permettre d'affiner ses choix. Pour l'instant, la multitude des données à saisir et à exploiter décourage les plus persévérants. Pour que l'agriculteur utilise tous ces outils, Arvalis vise donc l'objectif du « zéro saisie », et des interfaces simples d'utilisation. L'institut développe  en interne certains de ses outils d'aide à la décision (et les commercialise), mais coopère aussi avec des entreprises privées, ou évalue également les produits de la concurrence.  

    Pour avoir une idée de ce qui existe, nous nous sommes rendu chez Guillaume Lefort, céréalier à Arville, en lisière des départements de Seine-et-Marne et du Loiret, dans le Gâtinais, qui cultive 250 hectares, dont un tiers de blé de force (qui finit dans le pain de vos big mac), un tiers en orge de printemps (bière), 50 hectares de betteraves sucrières (à l’origine du sucre de vos confitures), un peu de colza, et 10 hectares  en contrat avec le département pour maintenir la biodiversité : en clair sur ce terrain, il plante de la luzerne, et est rémunéré pour ne pas y toucher. Enfin, 25 hectares de plantes aromatiques (coriandre, aneth, etc) lui permettent de faire de la rotation des cultures, et d'économiser ainsi les sols.

     Grâce à la petite station météo dont il s'est équipé, il  reçoit en continu des informations sur la pluviométrie, la température de l'air et l'humidité relative à l'échelle de ses champs de culture. Par ailleurs, la chambre d'agriculture met à sa disposition un drône qui en survolant  ses parcelles  lui permet de visualiser au m2 prêt quelles sont les zones qui manquent d'azote  par exemple. Toutes ces données sont traitées par un logiciel. Il lui reste à les transférer sur une clef USB qu'il introduit dans l'ordinateur de la cabine de pilotage de son tracteur. Sur le toit, un GPS : et hop ! c'est parti pour un épandage d'engrais  d'une précision chirurgicale : pas plus pas moins qu'il ne faut, en individualisant les doses pour chaque partie de chaque parcelle, et sans plus jamais repasser deux fois au même endroit !

    Nous aurons vu aussi un tracteur équipé doté d'une bineuse autoguidée par  une caméra, et un robot totalement autonome qui déjà circule dans un champ de betteraves, repère les mauvaises herbes, et délivre sur chaque pousse indésirable la petite dose d'herbicide qui convient pour la détruire sans arroser tout le champ.

    Plus d'informations pour ceux qui étaient présents :

    La présentation de Delphine derrière ce lien (MP = roserose) : http://envoific.arvalis-fr.com/4o4gngk73y

    Sur un autre sujet, celui de Phénofield qui cherche à détecter les variétés de blé et de maïs plus tolérantes à la sécheresse :

     Enfin, suite à un colloque   avec l’INRA, a été publié l’ouvrage « Faut-il travailler le sol ? » https://www.editions-arvalis.fr/view-331-arveditions.html?region=


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    Le 20 octobre, l’AJSPI vous propose une visite de l’observatoire radioastronomique de Nancay (Sologne). Sur la journée (prévoir 8 h-18 h), nous irons sur place (voiture ou train à définir) afin de voir les installations et de discuter avec les chercheurs (dont Stephane Corbel et Philippe Zarka) des projets les plus récents en radioastronomie.

    Inauguré par le général de Gaulle il y a 52 ans, le grand radiotélescope de Nancay est aujourd’hui parmi les 5 premiers radiotélescopes mondiaux. Il contribue à l’étude de pulsars et des théories de la gravitation. Il apporte également une contribution très importante à notre compréhension des comètes, notamment leur composition en eau, et sa flexibilité de programmation lui permet de pointer rapidement vers des phénomènes nouveaux, explosions de supernovae, suivi des mystérieux sursauts gamma, ou de suivre sur plusieurs années les variations de l’émission de la matière chutant sur certains trous noirs.

    La station accueille désormais l’instrument français NenuFAR, un nouveau géant, avec ses milliers d’antennes basse fréquence déployées sur une surface équivalente de 10 ha. Les retombées recueillies lors de la conception et exploitation de NenuFAR seront utiles pour le projet mondial SKA qui doit démarrer en 2020 et sera construit dans le désert australien et sud africain. L’observatoire est une composante de l’observatoire de Paris.

    Afin d’organiser au mieux cette visite, merci de vous inscrire. Le programme détaillé suivra et vous permettra de confirmer ou pas votre inscription. L’AJSPI prendra en charge le déplacement. L’observatoire de Paris le déjeuner.


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    À l’occasion de la sortie de son documentaire « Peau d’Âme » prévue au printemps 2018, Look at Sciences a le plaisir d’inviter 10 membres de l’AJSPI pour l’avant-première programmée le 20 octobre prochain à 20h, à la Cinémathèque française (salle Franju, 51 rue de Bercy, Paris 12e, M° Bercy).

    Un court résumé du film :

    Une équipe d’archéologues emmenée par Olivier Weller fouillent là où Jacques Demy a tourné plusieurs scènes de son film Peau d’Âne : la cabane où Catherine Deneuve se réfugie, la clairière où Delphine Seyrig la reçoit... Dès que l’on gratte le sol, perles, clous, paillettes et autres fragments apparaissent. En suivant ces fouilles, Peau d’Âme cherche à approcher la magie de l’œuvre de Jacques Demy, le charme du texte de Charles Perrault, la fascination du conte dont les origines se perdent dans la tradition orale. Qu’est-ce que cette histoire continue de fouiller en nous ?

    Pour assister à cette avant-première, merci de vous inscrire par mail à cette adresse : Peaudame@lookatsciences.com 

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