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Lettre ouverte

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Courant octobre, sur l’antenne de France Inter, Nicolas Sarkozy, candidat à la présidence de la République française, a publiquement remis en cause l’implication de l’Homme dans le dérèglement climatique. Son affirmation va à l’encontre de 97 % de la littérature scientifique sur le sujet, et d’un consensus scientifique mondial synthétisé par le panel de près d’un millier de scientifiques du GIEC. Et qu’un journaliste généraliste ne trouve rien à redire à cette contre-vérité en dit long sur l’insuffisant niveau de connaissances des Français sur ces enjeux pourtant majeurs. Oui, le climat de la Terre n’a jamais cessé de changer par le passé, mais ce qu’il faut retenir, c’est qu’il ne l’a jamais fait avec cette ampleur ni cette vitesse depuis le début de l’histoire humaine. Et le fait qu’il y ait des fossiles dans le Sahara ne changera rien à cette réalité.

Le dérèglement climatique n’est pas une opinion, mais un fait. De même, il est avéré que cet emballement est lié aux activités humaines. Qu’une telle réalité soit niée par un candidat à la présidence, qui plus est un ancien président à l’origine du Grenelle de l’environnement, est extrêmement alarmant. Sa désinvolture vis-à-vis des connaissances scientifiques les plus reconnues trahit un rapport problématique au monde qui l’entoure. Comment peut-il renier une réalité qu’il a lui-même défendue ? Car, non, la science n’est pas une affaire de spécialistes travaillant en blouse blanche à l’écart du monde. La science est désormais au cœur de tous les débats de société : changement climatique, pesticides, vaccins, OGM, santé, nucléaire, énergies ou nanoparticules, la liste est longue. Et malgré cette omniprésence, les questions scientifiques ne sont toujours pas correctement appréhendées – voire même considérées – par les politiques ou les médias. Les propos climatosceptiques font irruption dans les colonnes des journaux, autorisés par des rédacteurs en chef peu sensibilisés aux modes d’élaboration des savoirs scientifiques tandis que les chercheurs ou les journalistes scientifiques peinent à faire entendre leur voix. Les enjeux scientifiques sont l’affaire de tous, car ils concernent l’avenir de l’humanité.

De fait, il ne faut pas négliger l’éducation des citoyens à la science, celle donnée à l’école, mais aussi dans les journaux, à la télévision, à la radio ou sur internet. Les journalistes scientifiques ont un rôle essentiel de ce nécessaire effort de pédagogie. A cet égard, voir disparaître une à une les émissions scientifiques sans qu’elles soient remplacées nous inquiète au plus haut point. Pour ne donner qu’un exemple, après « C’est pas sorcier », « On n’est pas que des cobayes », voilà que l’une des dernières émissions télévisées scientifiques françaises, Futuremag sur Arte, va prochainement disparaître.

Par cette lettre ouverte, nous dénonçons la dérive à laquelle nous assistons et appelons à une prise de conscience citoyenne, politique autant que médiatique.

Le bureau de l'AJSPI

Comment assurer une veille indépendante sur les médicaments ?

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Compte-rendu du petit-déjeuner du jeudi 23 février 2017.

Douze journalistes (dont deux tous nouveaux adhérents de l'AJSPI) étaient présents.

Elisabeth Elefant  dirige le Crat  ( Centre de référence sur les agents tératogènes ) depuis 1982, un service d'information totalement indépendant de l'industrie pharmaceutique spécialisé sur les risques liés aux  médicaments et à d’autres agents (vaccins, radiations…) pendant la grossesse et l'allaitement. Elle a expliqué que le financement de cet organisme, assuré  à parts à peu près égales par l'AP-HP et par l'Agence du médicament (Ansm), était rediscuté tous les trois ans, avec une tendance inexorable à la baisse. Elle s'inquiète aujourd'hui de la pérennité du Crat, alors que l'équipe doit répondre à quelques 3500 questions par an de praticiens (quels effets indésirables de tel traitement ? Nécessité ou pas de prescrire tel nouveau vaccin ? etc), et assurer depuis 2006 la rédaction et la mise à jour sur internet d’un millier de fiches sur des médicaments toujours plus nombreux, accessible à tous publics (17 000 connexions par jour). « La mise à jour de certaines fiches nous demande parfois 15 jours de travail, et notre équipe  n'est composée que de trois médecins à temps plein.  A Berlin ils sont une trentaine de personnes pour faire le même travail ! », s'indigne Elisabeth Elefant.

C'est justement pour éviter de dépendre des aléas des financements publics et garder son entière indépendance que depuis 1992 Prescrire a pour seules ressources ses abonnés. Créée en 1981, la revue était auparavant financée par des subventions du ministère de la Santé. « Avec l'affaire du Médiator, notre  revue, mensuelle, a connu un pic de 35000 abonnés, » a expliqué Bruno Toussaint, le rédacteur en chef, mais leur nombre est revenu au niveau à peu près stable désormais de 28 000 : des praticiens essentiellement, puisque Prescrire s'adresse avant tout aux professionnels, même si une partie de son site internet est accessible au public. 

La revue est réalisée par 75 personnes équivalents temps plein, dont 50 à la rédaction, qui sont généralement praticiens à temps partiel.

Contrairement au Crat, Prescrire ne répond quasiment pas aux demandes d'informations particulières, mais assure une veille permanente sur tous les médicaments de toutes les spécialités, grâce à une lecture de la littérature scientifique, des rapports des différentes agences de santé françaises et internationales, et des registres de suivi médicaux.

Selon ces deux professionnels, la multiplication ces trente dernières années des « affaires » type Uvestérol, Médiator, Dépakine, pilule de 4eme génération, etc, est due à trois principales raisons :

  • L'influence grandissante des laboratoires pharmaceutiques ;
  • Le fait que les professionnels de santé, médecins et pharmaciens, ne notifient que rarement les effets indésirables des médicaments : on souffre donc en France d'un manque de données vraiment organisées et fiables ;
  • Enfin, quand finalement une évidence d'effet indésirable est admise, comme ce fut le cas récemment avec la Dépakine, les agences de contrôle ne communiquent pas suffisamment auprès des médecins, des pharmaciens et des patients, pour avertir du danger et de la nécessité de changer les prescriptions.  « Or nous ne pouvons, au Crat, à la fois mettre en évidence les dangers liés à un médicament, et ensuite nous assurer que cette information est bien répercutée ! » 

Résultat de tout cela :  « Paradoxalement, dans le cas des femmes enceintes par exemple, c'est désormais un principe de précaution maximum  -et outrancier- qui est appliqué, a expliqué Elisabeth Elefant. Par peur des effets indésirables et donc des procès, certains médecins évitent de prescrire des traitements dont les femmes auraient besoin, et ils ont parfois recours à des IVG abusives. »

Petit-déjeuner CNRS/AJSPI - Les sols

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Merci de noter le jeudi 23 mars dans vos agendas, le CNRS et l'AJSPI organisent un petit-déjeuner sur les sols.

Plus de détails à suivre.

Racisme et préjugés

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Compte-rendu du petit-déjeuner « Racisme et préjugés » du 7 mars 2017.

Onze journalistes de l’AJSPI ont assisté à ce petit déjeuner au cours duquel Evelyne Heyer, professeur d’anthropologie génétique et Carole Reynaud-Paligot historienne à Paris1-Paris 4 ont répondu aux questions. Le dossier de presse de l’exposition à venir au Musée de l’homme ayant été envoyé aux membres inscrits et distribué en version papier le jour même, nous n’avons pas abordé la scénographie et les choix muséaux. Voir en pièce jointe. La conversation a abordé le pourquoi de l’exposition et les études ayant servi à étayer le propos.

Cette première exposition temporaire est prévue de très longue date (au moment de la restauration du bâtiment !), mais elle tombe évidemment à point nommé en raison du contexte politique et international actuel et des discours parfois extrêmes qu’on peut entendre, à un moment où le sentiment de discrimination est très fort chez certains.

Evelyne Heyer explique que le propos de départ était de comprendre ce qu’est le racisme. D’où vient-il ? En donnant des informations aux visiteurs, elle pense qu’on peut améliorer nos comportements. Des chercheurs de toutes disciplines (sociologie, anthropologie, démographes, historiens, psychologie sociale…) ont été réunis pour travailler sur le propos de l’exposition.

À la question « le racisme est-il inhérent aux êtres humains ? », aucune réponse n’est apportée. Les anthropologues seraient toutefois enclins à le penser. Les historiens, eux étudient des cas. Dans l’exposition, 3 cas concrets  ont été choisis : l’antisémitisme de l’Allemagne nazie, la guerre civile au Rwanda et la ségrégation raciale aux États-Unis.  Ce qui est certain, selon Carole Raynaud-Paligot, c’est que 2 ressorts sont assez systématiquement présents dans le racisme : le colonialisme et le nationalisme. Même les castes en Inde relèvent selon Evelyne Heyer de ces vecteurs.

Une grande enquête de l’INED baptisée Teo (trajectoire et origines) semble avoir été largement utilisée pour l’exposition. Elle aborde notamment les questions de discriminations, d’intégration (quel est le parcours des enfants nés en France de parents immigrés ?). Au moment où il y a compétition, il y a discrimination, souligne Evelyne Heyer. Mais, il y a, dit-elle, une bonne fluidité des relations sociales en France et finalement une bonne intégration. Dans la population générale , 98% des personnes interrogées se sentent françaises . Ce chiffre est de 93% parmi les enfants d’immigrés.

L’indice de tolérance augmente au fil des décennies avec toutefois un effet yoyo en fonction des événements (attentat, crise migratoire, etc).

La responsabilité des journalistes et des politiques dans le racisme est pointé du doigt par les chercheurs. Les journalistes (ceux des télévisions) sont accusés, pour aller vite, de toujours donner la même représentation caricaturale des événements notamment de la banlieue. Ils ne le font pas toujours de façon consciente. Quant aux politiques, ils surfent sur les événements par facilité.

Le travail d’Abdellali Hajjat, sociologue est mentionné. Il a étudié le racisme anti-musulman et montré la part de responsabilités des autorités publiques. Lors des grandes grèves dans l’industrie automobile dans les années 80, les Maghrébins fortement présents dans cette branche ont été stigmatisés. Alors que leurs revendications étaient sociales, le gouvernement de l’époque les a stigmatisés, en mettant en avant des demandes religieuses de la part des grévistes.

Idem pour le port du voile  entre la fin des années 90 et aujourd’hui. La loi Stasi avait permis de gérer la question, mais ça a dégénéré en raison de stigmatisation de la part de la classe politique.

Aux États-Unis, à la fin de la guerre froide, difficile de conserver dans le viseur les communistes comme ennemis N°1. Résultat, la cible s’est portée sur la communauté noire.

Sur l’antisémitisme, les travaux de Nonna Meyer sont cités. Il n’y aurait plus de discrimination ou de racisme, mais des préjugés oui (les juifs sont riches , sont très présents dans les médias,etc).

La CNCDH (commission nationale consultative des droits de l’homme) a dressé une liste des groupes les plus stigmatisés. Les Roms arrivent en tête , parfois « animalisés » avec une fois de plus la responsabilité médiatique pointée du doigt, les juifs sont en dernier.

Génétique et préjugés médicaux : Les médecins qui posent des diagnostics en fonction de l’origine géographique des patients ont-ils raison ? Noirs et drépanocytose par exemple ? N’ y a-t-il pas là du racisme ? Non selon Evelyne Heyer dans la mesure où en génétique, l’adaptation au milieu naturel est majeure dans l’évolution. Selon elle, c’est par économie qu’on ne recherche pas chez tous les patients certaines prédispositions. Il est clair que la prévalence est supérieure chez certains groupes de population. Les tibétains respirent mieux en altitude que les normands et si on est africain, on a plus de risque d’être sensible à la malaria. La notion de clusters de proximité génétique est désormais reconnue. Certes elle a été dévoyée par l’extrême droite, mais elle est bien scientifique.

Pourquoi à un moment donné  a-t-on cessé de parler de races ? Sans proposer un autre discours à la place ? Pour les généticiens, chez les humains, la notion de races ne tient pas, car il y a très peu de différences génétiques dans l’espèce humaine. Beaucoup moins que chez les animaux par exemple où on a créé des races par la sélection. Si on ne peut nier les différences chez l’homme, il convient surtout de les expliquer.

On note une très grande différence dans la définition du racisme suivant les pays. Chez les Anglo-Saxons par exemple, le racisme est  seulement associé à la couleur de peau. Il n’y a pas de terme pour évoquer d’autres types de racisme.
D’ailleurs, certains sujets de recherche sont peu étudiés en UK par exemple.

Le racisme anti blanc : selon l’enquête Teo de l’INED, il existe, mais n’est pas associé à la discrimination. On peut avoir été insulté à cause de sa couleur, mais on ne connaît pas de cas de discrimination à l’emploi par exemple chez les blancs.

La législation progresse depuis 40 ans, mais paradoxalement, la classe politique qui œuvre pour ce progrès continue de surfer sur le racisme  à des fins électoralistes.

Petit-déjeuner AJSPI – Bioéconomie : risques et enjeux d'un recours croissant aux biomasses

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La bioéconomie désigne tous les usages des biomasses (alimentation, chimie, énergie…) mais on sait mal la définir : est-ce la même chose que la chimie verte, l’économie circulaire ou la biologie industrielle ? En tout cas, l’actualité est riche sur ce sujet : en janvier dernier, la France a lancé sa stratégie nationale pour la bioéconomie ; le Conseil économique social et environnemental (CESE) publie, fin mars, ses recommandations pour rendre « durables » les bioindustries mobilisant les biomasses agricoles, forestières ou marines : le sommet des produits biosourcés (PBS) se tient à Lille fin avril. Quels sont les enjeux et les divers modèles de la bioéconomie qui se profilent ?  Qui est concerné par cette transition bioéconomique ? Va-t-elle nous affranchir de la dépendance au pétrole, et réduire nos pollutions et nos empreintes  carbone ?

Avec :

  • Thierry Stadler, Vice-Président de l’Association Chimie du végétal (ACDV) organisateur du Plant Based Summit (25-26 avril 2017, Lille) et président du pôle de compétitivité Industries et agroressources (IAR)
  • Jean-David Abel, co-rapporteur du rapport Bioéconomie soutenable du Conseil économique social et environnemental (CESE, vice-président de France Nature environnement)
  • Pierre-Alain Schieb, ancien chef des projets de l'OCDE notamment Bioéconomie 2030), premier titulaire de la Chaire de Bioéconomie Industrielle de Neoma Business School, Cofondateur du Forum BioRESP, Auteur et co-auteur de Bioraffinerie 2030, L'Harmattan, 2014 et Compétitivité et Soutenabilité de la Bioéconomie 2050, L'Harmattan, 2016.

Visite guidée de l’expo « Des préjugés au racisme » au Musée de l’Homme

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Le jeudi 20 avril à 14h30, l'AJSPI organise une visite commentée au Musée de l'Homme. Réservée aux membres de l'AJSPI et aux membres du Club (30 places max, sur inscription, se présenter 10 minutes avant).

Première exposition temporaire du Musée de l'homme, "Nous et les autres : des préjugés au racisme" se situe au croisement de l’anthropologie, de la biologie, de la sociologie et de l’histoire. Elle s’appuie sur des études menées par les chercheurs en sciences de l’Homme et de la société et propose un parcours accessible à tous, qui s’attache à décrypter pourquoi et comment se mettent en place de tels phénomènes dans des sociétés, à un certain moment de leur histoire.

Dans une scénographie immersive originale qui place par exemple le visiteur au cœur d’une salle d’embarquement d’aéroport ou d’une terrasse de café, le public est invité à comprendre les mécanismes individuels et collectifs qui conduisent au rejet des "autres", et à prendre conscience des discriminations dans la société française aujourd’hui.

Pour rappel, l'AJSPI a organisé le 7 mars dernier un petit-déjeuner sur ce même thème, en amont de l'ouverture de l'exposition, avec Evelyne Heyer, professeur d’anthropologie génétique et Carole Reynaud-Paligot historienne à Paris1-Paris 4. Le compte-rendu est disponible ici

Pour en savoir plus :

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10 places pour l’exposition « Jean-Baptiste Charcot, l’explorateur légendaire »

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Look at sciences, partenaire de l’exposition « Jean-Baptiste Charcot, l’explorateur légendaire », vous propose 10 places pour 2 soirées film+ débat.

Jeudi 23 mars à 19 h 30 autour du film « Arctique, la conquête glaciale » sur les dangers qui menacent le pôle Nord

Avec :

  • Tania Rakhmanova, journaliste, réalisatrice 
  • Laurent Mayet, Ambassadeur des pôles 
  • Yves Frenot, Directeur de l'Institut Paul-Émile Victor 
  • Rémi Parmentier, Consultant "Antarctic Ocean Alliance"   
  • Eric Canobbio, géographe, auteur de l'Atlas des pôles, éditions Autrement

Jeudi 20 avril à 19h30 autour du film « Antarctica, une année sur la glace » d'Anthony Powell (une année à la base US de Mc Murdo)

Avec :

  • Joëlle Robert-Lamblin, ethnologue, spécialiste du Groenland 
  • Anaïs Orsi, climatologue, chercheuse au LASCO (CNRS/CEA) 
  • Claire Le Calvez, responsable logistique de l'IPEV 
  • Olivier Traullé, ingénieur météorologue, ancien hivernant à la station Dumont d'Urville (Antarctique)
  • Jean Duprat, astrophysicien au Centre des Sciences nucléaires et des Sciences de la Matière

Merci de vous inscrire impérativement auprès de vincent@lookatsciences.com

Plus d'informations ici.

Lettre ouverte

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Courant octobre, sur l’antenne de France Inter, Nicolas Sarkozy, candidat à la présidence de la République française, a publiquement remis en cause l’implication de l’Homme dans le dérèglement climatique. Son affirmation va à l’encontre de 97 % de la littérature scientifique sur le sujet, et d’un consensus scientifique mondial synthétisé par le panel de près d’un millier de scientifiques du GIEC. Et qu’un journaliste généraliste ne trouve rien à redire à cette contre-vérité en dit long sur l’insuffisant niveau de connaissances des Français sur ces enjeux pourtant majeurs. Oui, le climat de la Terre n’a jamais cessé de changer par le passé, mais ce qu’il faut retenir, c’est qu’il ne l’a jamais fait avec cette ampleur ni cette vitesse depuis le début de l’histoire humaine. Et le fait qu’il y ait des fossiles dans le Sahara ne changera rien à cette réalité.

Le dérèglement climatique n’est pas une opinion, mais un fait. De même, il est avéré que cet emballement est lié aux activités humaines. Qu’une telle réalité soit niée par un candidat à la présidence, qui plus est un ancien président à l’origine du Grenelle de l’environnement, est extrêmement alarmant. Sa désinvolture vis-à-vis des connaissances scientifiques les plus reconnues trahit un rapport problématique au monde qui l’entoure. Comment peut-il renier une réalité qu’il a lui-même défendue ? Car, non, la science n’est pas une affaire de spécialistes travaillant en blouse blanche à l’écart du monde. La science est désormais au cœur de tous les débats de société : changement climatique, pesticides, vaccins, OGM, santé, nucléaire, énergies ou nanoparticules, la liste est longue. Et malgré cette omniprésence, les questions scientifiques ne sont toujours pas correctement appréhendées – voire même considérées – par les politiques ou les médias. Les propos climatosceptiques font irruption dans les colonnes des journaux, autorisés par des rédacteurs en chef peu sensibilisés aux modes d’élaboration des savoirs scientifiques tandis que les chercheurs ou les journalistes scientifiques peinent à faire entendre leur voix. Les enjeux scientifiques sont l’affaire de tous, car ils concernent l’avenir de l’humanité.

De fait, il ne faut pas négliger l’éducation des citoyens à la science, celle donnée à l’école, mais aussi dans les journaux, à la télévision, à la radio ou sur internet. Les journalistes scientifiques ont un rôle essentiel de ce nécessaire effort de pédagogie. A cet égard, voir disparaître une à une les émissions scientifiques sans qu’elles soient remplacées nous inquiète au plus haut point. Pour ne donner qu’un exemple, après « C’est pas sorcier », « On n’est pas que des cobayes », voilà que l’une des dernières émissions télévisées scientifiques françaises, Futuremag sur Arte, va prochainement disparaître.

Par cette lettre ouverte, nous dénonçons la dérive à laquelle nous assistons et appelons à une prise de conscience citoyenne, politique autant que médiatique.

Le bureau de l'AJSPI

Rappel urgent : candidatez pour le prix « European science writer of the year »

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Pour la troisième année consécutive, l’AJSPI participe au prix « European science writer of the year » organisé par the Association of British Science Writers en collaboration avec Janssen Research and Development. En jeu ? 600 £ + un séjour à Londres pour recevoir le prix! Pour passer les sélections nationales et être jugé par un jury AJSPI, il vous suffit d'envoyer à contact@ajspi.com un CV (en anglais) et trois articles écrits entre le 1er janvier 2016 et le 31 décembre 2016, parus dans la presse ou sur un blog. Si vous le souhaitez, vous pouvez en outre ajouter un petit texte éclairant un (ou plusieurs) aspect(s) de votre démarche.  Pour en savoir plus sur ce prix, il n'y a qu'à cliquer ici : http://www.absw.org.uk/absw-awards/european-science-writer-of-the-year Attention, vous n'avez que jusqu'au 10 février (minuit) pour envoyer votre candidature. Bonne chance à tous !

Petit-déjeuner Collège des Bernardins/AJSPI sur le transhumanisme

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L'AJSPI et le Collège des Bernardins vous invitent à un petit déjeuner de presse, jeudi 27 avril de 9h à 11h, au Collège des Bernardins, 20 rue de Poissy, Paris 5, sur le thème :
« L’homme au défi des performances techno-scientifiques ».

Avant le colloque « Critique de la raison transhumaniste »* que le Collège des Bernardins organise les 19 et 20 mai 2017, nous vous invitons à échanger avec un spécialiste de l'intelligence artificielle, Jean-Gabriel Ganascia, chercheur au laboratoire d'informatique de Paris 6, et un philosophe, Dominique Folscheid, co-directeur du département Ethique Biomédicale du Collège des Bernardins.

Jean-Gabriel Ganascia, qui vient de publier « Le mythe de la singularité, faut-il craindre l'intelligence artificielle ? », parlera des recherches qu'il poursuit dans le cadre du projet ANR Ethic et agents autonomes : doit-on s'inquiéter d'une automatisation des machines et des agents virtuels qui pourraient décider à notre place sans obéir à nos injonctions ? Comment limiter les capacités d'actions de ces machines, et s'assurer qu'elles respectent certaines règles « morales » ? Peut-on concevoir un cadre formel qui permette à des agents humains et artificiels d'interagir entre eux ?

Plus largement, il discutera de la façon dont certaines multinationales de la Silicon valley brandissent abusivement la perspective d'une intelligente artificielle surpuissante et d'un cyberavenir où l'humanité aurait confié le pouvoir de décision aux machines.

Dominique Folscheid s'interroge lui sur la vision de l’homme véhiculée par le courant transhumaniste et dominée par une approche mécaniciste. Quels critères éthiques nous permettraient de distinguer entre les applications des techniques (intelligence artificielle notamment, mais pas seulement) permettant une réelle assistance à la personne humaine et d’autres qui pourraient porter atteinte à la dignité de l’individu ?

Alors que la valeur « éthique » majeure est devenue la performance, la progression de l’esprit postulé comme une substance totalement indépendante du corps prend le pas sur la recherche de l’accomplissement de la personne. Existe t-il un risque sérieux que la négation d’une « nature » humaine conduise à la négation de la personne humaine ?

*Colloque conclusif du séminaire « Humanisme, transhumanisme, Posthumanisme »

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Petit-déjeuner Collège des Bernardins/AJSPI sur le transhumanisme

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L’AJSPI et le Collège des Bernardins vous invitent à un petit déjeuner de presse, jeudi 27 avril de 9 h à 11 h, au Collège des Bernardins, 20 rue de Poissy, Paris 5, sur le thème :
« L’homme au défi des performances techno-scientifiques ».

Avant le colloque « Critique de la raison transhumaniste »* que le Collège des Bernardins organise les 19 et 20 mai 2017, nous vous invitons à échanger avec un spécialiste de l’intelligence artificielle, Jean-Gabriel Ganascia, chercheur au laboratoire d’informatique de Paris 6, et un philosophe, Dominique Folscheid, codirecteur du département Éthique biomédicale du Collège des Bernardins.

Jean-Gabriel Ganascia, qui vient de publier « Le mythe de la singularité, faut-il craindre l’intelligence artificielle ? », parlera des recherches qu’il poursuit dans le cadre du projet ANR Ethic et agents autonomes : doit-on s’inquiéter d’une automatisation des machines et des agents virtuels qui pourraient décider à notre place sans obéir à nos injonctions ? Comment limiter les capacités d’actions de ces machines, et s’assurer qu’elles respectent certaines règles « morales » ? Peut-on concevoir un cadre formel qui permette à des agents humains et artificiels d’interagir entre eux ?

Plus largement, il discutera de la façon dont certaines multinationales de la Silicon Valley brandissent abusivement la perspective d’une intelligente artificielle surpuissante et d’un cyberavenir où l’humanité aurait confié le pouvoir de décision aux machines.

Dominique Folscheid s’interroge lui sur la vision de l’homme véhiculée par le courant transhumaniste et dominée par une approche mécaniciste. Quels critères éthiques nous permettraient de distinguer entre les applications des techniques (intelligence artificielle notamment, mais pas seulement) permettant une réelle assistance à la personne humaine et d’autres qui pourraient porter atteinte à la dignité de l’individu ?

Alors que la valeur « éthique » majeure est devenue la performance, la progression de l’esprit postulé comme une substance totalement indépendante du corps prend le pas sur la recherche de l’accomplissement de la personne. Existe-t-il un risque sérieux que la négation d’une « nature » humaine conduise à la négation de la personne humaine ?

* Colloque conclusif du séminaire « Humanisme, transhumanisme, Posthumanisme »

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Formation au data journalisme

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Compte-rendu de la formation « Initiation au data journalisme » du 31 mars 2017, menée par Tatiana Kalouguine.

9 journalistes étaient présents (sur un nombre plus important d’inscrits) pour cette formation dont le titre rappelait qu’elle s’adressait à des novices. De ce point de vue, elle était parfaite. Ce compte-rendu peut sembler peu clair pour les personnes n’ayant pas assisté à l’atelier, mais il importe de laisser une trace. Après un tour de table pour connaître le niveau et les attentes de chacun, Tatiana Kalouguine a déroulé sa formation qu’elle maîtrise. Elle précise que d’autres modules plus fournis sont possibles sur 3 jours ou même 1 semaine.

Déroulé

  1. Qu’est-ce que le data journalisme (fonds et forme)
  2. À quoi sert le data journalisme
  3. Où trouver les sources ?
  4. Tirer quelque chose des sources et créer une data viz (de façon succincte)

Au passage, elle rappelle que face aux difficultés énoncées par certains journalistes pour obtenir des données, il est important de saisir la CADA, créée en 1978, la commission d’accès aux documents administratifs. Même si aucune réponse ne peut être fournie rapidement, cette instance a pour responsabilité de contacter les pourvoyeurs d’infos et de les obliger à rendre accessibles les données.

1. Qu’est-ce que le data journalisme

Trouver des infos, en tirer un angle, recouper les données, les mettre en forme, donner à comprendre la complexité, utiliser les bases pour aller en profondeur, utiliser les moyens informatiques pour collecter, traiter et transmettre, faire du journalisme sur la base des nombres plutôt que des interviews collectées (Simon Rogers du Guardian)... Plusieurs définitions suivant les journalistes… À noter que la data visualisation n’est pas systématiquement associée au data journalisme. C’est le point de vue défendu par JM Manach par exemple.

2. À quoi sert-il ?

Sortir de l’anecdote, montrer les tendances derrière une actu, rendre intelligibles des sujets complexes, remettre les faits dans leur contexte, donner des ordres de grandeur, prouver une hypothèse en reliant des données… Là encore, foison de propositions.
Pour la dernière, cf. le travail de Steve Doig sur les dégâts causés par l’ouragan Andrew aux USA où il a pu mettre en évidence que ce sont les habitations les plus récentes qui ont été les plus touchées parce que les matériaux de construction étaient moins bons. Et pourquoi étaient-ils moins bons ? Parce que les bénéfices dégagés servaient à financer des campagnes électorales.

3. Où trouver les sources ?

Nous avons appris à scrapper des données, autrement dit à aller les avaler. Les données sont partout : sur les sites marchands, sur les sites d’échanges, les sites de locations, etc. Une fois aspirées, on peut faire des corrélations. Attention, corrélation n’est pas causalité. Et faire de la visualisation de corrélations peut amener à des contre-vérités. Ex. : vous cherchez la part des maisons individuelles louées sur Airbnb puis vous cherchez les propriétaires qui acceptent les clients avant 12 h et vous en déduisez que quand on loue une maison c’est qu’on veut arriver de bonne heure !

Plusieurs exemples sont fournis et analysés pendant la session. Et plusieurs modes de transmission sont présentés aussi. La data viz est aujourd’hui foisonnante d’idées nouvelles.

Parmi les sources, UNData, Dataeuropa, Amnesty (aller voir sur les sites en bas de page si vous ne voyez pas « ressources » qui est souvent un accès aux données brutes), les ministères, datagouv, certaines communes… Pour ces sources l’aspiration sera assez aisée. Pour d’autres sites, les données sont cachées. Dans ce cas, courrier à la CADA ! La démarche qui consiste à exiger le respect de la loi et la mise à dispo des données s’appelle le Wobbing. Une rencontre annuelle à Bruxelles y est dédiée. Sur twitter, aller voir aussi twitter wobbing, liste gérée par Brigitte Alfter.

On peut aussi crééer sa propre source en faisant appel au public et en demandant de renseigner un champ. On créer un formulaire et roule ma poule. Ex « combien de médecins dans votre ville ? »

4. Traiter la donnée

Tableurs Excel, Numbers (pour apple), Google Spreadsheet ou des logiciels élaborés comme « R ».

Cela permet de faire de la collecte de données (scrapping pour mettre dans un format cohérent), de nettoyer les données quand elles ne sont pas structurées ou en unités différentes, d’analyser puis de faire de la visualisation.

Ensuite, Tatiana propose une séance de TP avec des chiffres sur la mortalité précoce chez les personnes ayant une tumeur. (issu du site score santé, qui contient beaucoup de données médicales) On apprend à se familiariser avec Swarperwiki, Convextra et Infogr.am

 

 

 

 

 

Quel langage chez les primates ?

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Compte-rendu du petit-déjeuner organisé le 2 mars 2017 par l’AJSPI et le CNRS autour de la thématique : quel langage chez l’homme et chez les primates ?

À cette occasion, nous avons rencontré Alban Lemasson, éthologue au laboratoire « Ethologie animale et humaine » (CNRS/Université de Rennes 1/Univ Caen Normandie) et Emmanuel Chemla, chercheur CNRS en linguistique au Laboratoire de sciences cognitives et psycholinguistique (CNRS/ENS/EHESS), apporteront des éléments de réponse. Ils sont en effet au cœur de collaborations, encore trop rares, entre linguistes et éthologues. De telles collaborations permettent à la fois de mieux appréhender les capacités de communication des primates et d’offrir une nouvelle perspective d’étude sur notre propre « instinct » du langage.

Emmanuel Chemla travaille principalement sur le langage humain. Ses recherches ont pour but de comprendre comment nous attribuons un sens à une phrase – une tâche effectuée sans effort par tout un chacun, alors qu’elle implique toujours une foule d’opérations précises d’une grande complexité. Grâce aux outils de modélisation de la linguistique contemporaine, on peut maintenant cartographier beaucoup des opérations élémentaires mises en jeu : combinaisons syntaxiques, règles de compétition entre mots, etc. Ces dernières années, en collaboration avec des éthologues, son équipe a tenté de déterminer si certaines de ces opérations peuvent se retrouver chez les animaux.

Alban Lemasson travaille lui sur la communication chez les primates. En étudiant par exemple la mone de Campbell, un petit singe forestier vivant en Afrique de l’Ouest, il a découvert que cette espèce démontre des compétences linguistiques très sophistiquées, qui regroupent plusieurs des propriétés et opérations élémentaires étudiées par les linguistes : une forme rudimentaire de syntaxe, des règles sémantiques et morphologiques très productives, des règles conversationnelles, des variations dialectales, etc.

En guise de compte-rendu, nous vous proposons l'interview réalisée par les équipes d’UniverscienceTV à l’issue de ce petit-déjeuner :

Rappel urgent : candidatez pour le prix « European science writer of the year »

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Pour la troisième année consécutive, l’AJSPI participe au prix « European science writer of the year » organisé par the Association of British Science Writers en collaboration avec Janssen Research and Development. En jeu ? 600 £ + un séjour à Londres pour recevoir le prix! Pour passer les sélections nationales et être jugé par un jury AJSPI, il vous suffit d'envoyer à contact@ajspi.com un CV (en anglais) et trois articles écrits entre le 1er janvier 2016 et le 31 décembre 2016, parus dans la presse ou sur un blog. Si vous le souhaitez, vous pouvez en outre ajouter un petit texte éclairant un (ou plusieurs) aspect(s) de votre démarche.  Pour en savoir plus sur ce prix, il n'y a qu'à cliquer ici : http://www.absw.org.uk/absw-awards/european-science-writer-of-the-year Attention, vous n'avez que jusqu'au 10 février (minuit) pour envoyer votre candidature. Bonne chance à tous !

Techniques de modification du génome : jusqu’où ira t-on ? [vidéo]

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Compte-rendu du petit-déjeuner organisé le jeudi 26 janvier 2017 par l’AJSPI et le CNRS sur le thème : « Techniques de modification du génome : jusqu’où ira t-on ? ». À cette occasion, étaient invités Carine Giovanangelli et Patrick Gaudray...

  • Carine Giovannangeli est chercheur CNRS au Laboratoire « Structure et instabilité des génomes » (CNRS/MNHN/Inserm). Elle développe et optimise des outils d’ingénierie génomique, et peut donc décrire comment ils fonctionnent, leurs avantages et leurs limites. Elle nous parlera des applications possibles en recherche et en thérapie génique humaine.
  • Patrick Gaudray était directeur de recherches en génomique au sein de l’unité Génétique, immunothérapie, chimie et cancer (CNRS/université François-Rabelais Tours). Il est aujourd’hui membre de plusieurs groupes de réflexion sur le sujet, au Comité consultatif national d’éthique et au Haut conseil des biotechnologies. Il témoignera des questions qui agitent la communauté scientifique sur ce thème, et notamment : qui peut discuter de l’usage de ces techniques ? Quid de la réversibilité des modifications génétiques induites  ?

En guise de compte-rendu, nous vous proposons de retrouver en vidéo l'entretien que Patrick Gaudray a bien voulu accorder aux journalistes d'UniverscienceTV. Pour des raisons d'emploi du temps, Carine Giovannangeli n'a pas pu participer à cet entretien.

Le 22 avril, l’AJSPI « marche pour les sciences »

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L’AJSPI s’est associée au mouvement international de « Marche pour les sciences ». Il est né aux États-Unis, suite à l’élection de Donald Trump et de ses nombreuses remises en question de faits solidement établis, en particulier dans le domaine des sciences climatiques. La fabrique du doute n’est pas un travers propre aux États-Unis, et de ce fait, le mouvement s’est étendu au monde entier. Avec une vingtaine de marches prévues, la France arrive en seconde position des pays les plus mobilisés après les États-Unis. Le rassemblement parisien a lieu le samedi 22 à 13 h, Place Valhubert (devant le jardin des Plantes). La liste complète des marches en France est à retrouver sur le site marchepourlessciences.fr. 

Le but du mouvement est de faire valoir « des sciences ouvertes au cœur de la démocratie ». Car plus que jamais, les sciences jouent un rôle dans le quotidien de tous les citoyens (vaccins, réchauffement climatique, OGM, nucléaire, etc.).

4 axes forts sont mis en avant :

  • Défendre l’indépendance et la liberté des recherches scientifiques publiques
  • Promouvoir un meilleur dialogue entre science et société
  • Renforcer la culture scientifique et refondre l’enseignement des sciences
  • Renforcer l’emploi de méthodes et de résultats scientifiques dans le processus de décision politique

Ce mouvement d’initiative citoyenne est totalement apolitique. La date du 22 avril a été choisie mondialement, à l’occasion du jour de la Terre. C’est la date anniversaire de la ratification des accords de Paris. L’intérêt en France de cette date tient au fait qu’il s’agit d’un jour de silence radio pour la campagne électorale.

Le but du collectif à l’issue de la marche est de produire un livre blanc afin de soumettre des propositions au prochain gouvernement. L’AJSPI participera à sa rédaction sur les questions liées à l’information.

Les journalistes face aux vaccins

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L’Institut des sciences de la communication (ISCC - CNRS/Paris-Sorbonne/UPMC) et l’AJSPI ont co-organisé, le 25 octobre dernier, un colloque sur le thème suivant : Les journalistes face au vaccin. Environ 90 personnes étaient présentes, dont une trentaine de journalistes, des communicants, des industriels, des chercheurs en science sociale, des professionnels de santé ainsi que des représentants politiques.

La France est l’un des pays où l’on doute le plus des vaccins. Près de 40 % des français se disent plutôt ou tout à fait défavorables à la vaccination. Quant aux médecins, un quart d’entre eux expriment des doutes à l’égard des risques et de l’utilité de certains vaccins. Face à cette véritable épidémie de défiance, le gouvernement mène pour la première fois une grande concertation citoyenne sur la vaccination. L’objectif de ce colloque est certes de faire un point sur ces questions complexes des vaccins et sur les raisons des  réticences françaises, mais il vise aussi à analyser la manière dont les journalistes traitent ce sujet, à mieux comprendre leur place dans les différentes controverses vaccinales. Le regard croisé de chercheurs, de sociologues, d’industriels et de journalistes doit permettre non seulement d’éclairer les débats en cours mais également de mieux cerner le rôle spécifique des journalistes dans ce contexte.

Ouverture

La sénatrice Corinne Bouchoux ouvre la journée, soulignant la nécessité de débattre sereinement de ces questions. Gérard Arnold et Lise Barnéoud poursuivent, en précisant qu’il s’agit d’un débat organisé dans le cadre d’une collaboration entre l’ISCC, l’Institut des Sciences de la Communication du CNRS et l’AJSPI, l’association des journalistes scientifiques de la presse d’information.

Histoire des réticences face aux vaccins

Première intervention, celle d’Anne-Marie Moulin, médecin, philosophe et historienne des sciences, qui retrace l’histoire des réticences à la vaccination. Ces réticences émergent des religieux, mais aussi en réaction à la « violence de l’Etat » ainsi qu’à l’issue de controverses scientifiques. Aujourd’hui, le « rêve vaccinal » français (un vaccin 100 % efficace, sans effet secondaire, indolore, pour toutes les maladies et personnalisé) est en décalage avec la réalité, ce qui est source de déception et de défiance. Enjeu : passer de cette image historique idéale une représentation moderne plus réaliste.

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État des lieux des réticences actuelles et déterminants de la confiance en France et en Europe

Seconde intervention, celle de Jocelyn Raude, sociologue à l’EHESP. Le chercheur débute son intervention par le récit d’une expérience, menée par un journaliste allemand, qui a écrit un faux article scientifique affirmant que le chocolat faisait maigrir. Il est repris par la plupart des journaux européens alors que tout était bidon. Le sociologue cite également l’étude d’Heidi Larsson qui montre que le traitement médiatique français sur les vaccins est l’un des plus critiques au monde. Il observe un continuum parmi la population : les partisans (qui acceptent sans condition les vaccins), les prudents (qui acceptent la plupart des recommandations), les sceptiques (qui acceptent seulement quelques recommandations) et les opposants (qui rejettent sans condition les vaccins). Parmi ses explications sur la défiance : le déficit de culture scientifique, la persistance de vieilles théories médicales, la transformation radicale du « marché » de l’information avec Internet, la crise de confiance vis-à-vis des institutions…

Qui fait la politique vaccinale en France et sur quels critères ?

Vient ensuite la présentation de Daniel Floret, pédiatre, président du comité technique des vaccinations (CTV) de 2007 à 2016, qui présente comment se décide la politique vaccinale en France. Jusqu’à présent, le CTV émettait un avis et des propositions de bonnes pratiques en fonction des données disponibles sur les caractéristiques épidémiologiques des maladies, de l’évaluation des vaccins et de ses effets secondaires, des recommandations internationales, des modélisations de l’impact attendu d’une vaccination ou encore des études coûts/bénéfices. (Un problème : il n’existe pas de seuil coût/efficacité reconnu en France). L’avis du CTV était presque systématiquement suivi par le ministère. Un autre comité, le CEPS, était quant à lui chargé de déterminer le prix acceptable et les niveaux de remboursement (« avec un fonctionnement opaque pour moi », précise-t-il). Il fait également un point sur les différences entre les recommandations des différents pays en Europe (concernant notamment le rotavirus, la varicelle et l’hépatite B).

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Le making off des vaccins

Une discussion sur le « making-off » des vaccins suivait, avec Serge Montéro, vice-président de Sanofi France et président du comité des vaccins du LEEM, ainsi que Jean-Pierre Thierry, médecin, membre de la commission de la transparence de la Haute Autorité de santé où il représente les associations de malades. Serge Montéro nous indique le temps long entre les recherches sur les vaccins et leur éventuelle mise sur le marché, précise que la plupart des vaccins sont aujourd’hui dans le domaine public, mais que la complexité de fabrication est telle que les concurrents sont peu nombreux et les génériques inexistants. Cet oligopole peut poser des problèmes sur les prix, explique Jean-Pierre Thierry, mais pour l’heure, même si des éléments indiquent que le système pourrait commencer à s’emballer (prix des derniers vaccins), le secteur des vaccins reste encore vertueux comparé aux autres médicaments, notamment en cancérologie. Serge Montéro affirme que toutes les données, même les données brutes issues des recherches des industriels sont désormais accessibles à tous, ce que conteste Jean-Pierre Thierry, qui précise par ailleurs qu’une agence comme l’EMA, l’agence européenne du médicament est financée à hauteur de 85 % par l’industrie. Enfin, sur les suivis de pharmacovigilance, Serge Montéro précise les modalités de l’obligation qui est faite aux industriels de constituer une pharmacovigilance à partir des notifications des médecins et Jean-Pierre Thierry souligne l’intérêt d’un carnet de vaccination électronique dans ce cadre : cela permettrait la constitution d’un suivi en temps réel. Il insiste sur le fait que lutter contre « l’épidémie d’anxiété » actuelle c’est paradoxalement accepter de mieux communiquer sur l’incertitude.

Les adjuvants, controverse centrale de la défiance

L’après-midi débute avec une table ronde dédiée aux adjuvants aluminiques, entre Romain Gherardi, chercheur CNRS et auteur des premiers travaux sur la myofasciite à macrophages et Brigitte Autran, immunologiste à l’UPMC. De cette discussion émergent des points de convergence : le fait qu’une petite proportion de personnes vaccinées n’éliminent pas l’aluminium et que cette non-élimination provient notamment de prédispositions génétiques. Là où les avis divergent, c’est sur le lien entre les vaccins adjuvantés et la myofasciite à macrophage. Pour Brigitte Autran, Romain Gherardi observe un lien de temporalité, sachant que ces observations ont débuté au moment de la campagne de vaccination contre l’hépatite B où de nombreux adultes ont été vaccinés, alors que pour Romain Gherardi, il s’agit d’un lien de causalité : l’aluminium présent dans l’organisme des malades provient des adjuvants des vaccins et serait la cause des symptômes observés (douleurs musculaires et articulaires, fatigue…). Gherardi accuse les autorités de refuser de financer ses recherches, notamment parce qu’elles s’écartent du courant majoritaire et s’attaquent à des intérêts économiques, alors que Brigitte Autran estime que ces refus sont liés à la sélection drastique des programmes de recherche financés par l’État. Elle estime notamment que la problématique soulevée par Gherardi ne concerne au final que peu de monde (1 000 patients diagnostiqués par l’équipe de Gherardi au total).

Étude sur la médiatisation de l’annonce par Marisol Touraine du plan d’action pour la rénovation de la politique vaccinale (12-15 janvier 2016)

Céline Vaslin, chargée de ressources documentaires à l’ISCC, présente une revue de presse de l’annonce par le ministère de la Santé du plan d’action de rénovation de la politique vaccinale (janvier 2016). Elle relève une contradiction entre l’importance accordée à la question de l’obligation vaccinale, présentée dans la presse nationale comme un élément central du débat, et le fait que la vaccination n’est efficace que si le taux de couverture vaccinal est très élevé.

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Oser le débat : comment informer dans un contexte aussi controversé que celui des vaccins ?

Enfin, la dernière table ronde était dédiée aux traitements journalistiques. Alain Fischer, professeur d’immunologie et président de la concertation citoyenne sur la vaccination débute en précisant les objectifs de cette concertation et souligne le rôle pivot des journalistes dans le débat, espérant qu’ils soient capables de distinguer les différents niveaux de paroles (chercheurs, lanceurs d’alerte, malades…). Jérémy Ward, sociologue au SESSTIM (Marseille), nous dresse les principales conclusions de sa thèse : alors que les journalistes sont plutôt vus comme des contre-pouvoirs pour de nombreux sujets, ils ne jouent globalement pas ce rôle dans le domaine des vaccins où existe une crainte d’être délégitimé si l’on aborde ces controverses. Il distingue trois « types » de journalistes : le journaliste critique, le journaliste médecin et le journaliste « routinier ». Eric Favereau souligne le changement radical qu’il a observé dans le traitement journalistique des questions médicales avant et après les affaires telles que le sang contaminé ou H1N1. Pour lui, chacun doit rester à sa place, et la place d’un journaliste n’est pas celle d’un agent de santé publique. Alain Labouze confirme que le journaliste n’a pas pour mission première de rétablir la confiance des Français envers la vaccination mais qu’il doit informer sans tabou, même si parfois cela peut confronter à des dilemmes déontologiques (entre son métier de journaliste et le médecin qu’il a été).

Lettre ouverte

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Courant octobre, sur l’antenne de France Inter, Nicolas Sarkozy, candidat à la présidence de la République française, a publiquement remis en cause l’implication de l’Homme dans le dérèglement climatique. Son affirmation va à l’encontre de 97 % de la littérature scientifique sur le sujet, et d’un consensus scientifique mondial synthétisé par le panel de près d’un millier de scientifiques du GIEC. Et qu’un journaliste généraliste ne trouve rien à redire à cette contre-vérité en dit long sur l’insuffisant niveau de connaissances des Français sur ces enjeux pourtant majeurs. Oui, le climat de la Terre n’a jamais cessé de changer par le passé, mais ce qu’il faut retenir, c’est qu’il ne l’a jamais fait avec cette ampleur ni cette vitesse depuis le début de l’histoire humaine. Et le fait qu’il y ait des fossiles dans le Sahara ne changera rien à cette réalité.

Le dérèglement climatique n’est pas une opinion, mais un fait. De même, il est avéré que cet emballement est lié aux activités humaines. Qu’une telle réalité soit niée par un candidat à la présidence, qui plus est un ancien président à l’origine du Grenelle de l’environnement, est extrêmement alarmant. Sa désinvolture vis-à-vis des connaissances scientifiques les plus reconnues trahit un rapport problématique au monde qui l’entoure. Comment peut-il renier une réalité qu’il a lui-même défendue ? Car, non, la science n’est pas une affaire de spécialistes travaillant en blouse blanche à l’écart du monde. La science est désormais au cœur de tous les débats de société : changement climatique, pesticides, vaccins, OGM, santé, nucléaire, énergies ou nanoparticules, la liste est longue. Et malgré cette omniprésence, les questions scientifiques ne sont toujours pas correctement appréhendées – voire même considérées – par les politiques ou les médias. Les propos climatosceptiques font irruption dans les colonnes des journaux, autorisés par des rédacteurs en chef peu sensibilisés aux modes d’élaboration des savoirs scientifiques tandis que les chercheurs ou les journalistes scientifiques peinent à faire entendre leur voix. Les enjeux scientifiques sont l’affaire de tous, car ils concernent l’avenir de l’humanité.

De fait, il ne faut pas négliger l’éducation des citoyens à la science, celle donnée à l’école, mais aussi dans les journaux, à la télévision, à la radio ou sur internet. Les journalistes scientifiques ont un rôle essentiel de ce nécessaire effort de pédagogie. A cet égard, voir disparaître une à une les émissions scientifiques sans qu’elles soient remplacées nous inquiète au plus haut point. Pour ne donner qu’un exemple, après « C’est pas sorcier », « On n’est pas que des cobayes », voilà que l’une des dernières émissions télévisées scientifiques françaises, Futuremag sur Arte, va prochainement disparaître.

Par cette lettre ouverte, nous dénonçons la dérive à laquelle nous assistons et appelons à une prise de conscience citoyenne, politique autant que médiatique.

Le bureau de l'AJSPI

Dernière ligne droite !

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Attention, derniers jours pour inscrire vos oeuvres au prix Roberval ! 

Pour rappel,  la compétition est ouverte à tous les journalistes francophones (suisses , belges, québécois, sénégalais, etc.) et les oeuvres présentées doivent avoir un lien avec la technologie (au sens large). Tous les formats et tous les supports sont les bienvenus (sauf les oeuvres de TV qui doivent être inscrites dans la catégorie TV).

Le Prix Roberval 30e édition

Ce concours international créé en 1987, ouvert dans tous les pays de la francophonie, organisé annuellement par l’Université de Technologie de Compiègne avec différents partenaires, a pour objectif de favoriser le développement et le rayonnement d’une culture technologique diffusée en langue française. Cette année, une nouvelle catégorie vient s’ajouter aux 4 déjà existantes qui sont : Jeunesse, Enseignement Supérieur, Grand Public et Télévision. Elle s’intitule Journalisme et récompensera une production non institutionnelle faite par un journaliste professionnel destinée au Grand Public, sur tous supports (à l’exclusion de la télévision dont les œuvres relèvent de la catégorie Télévision). C’est pourquoi, courant janvier, le règlement du concours a été modifié. Il est dès à présent consultable en ligne, et depuis le 1er février, vous pouvez déposer votre candidature pour la 30e édition. Alors si vous êtes : éditeur, producteur, journaliste, auteur.

Sans plus tarder, prenez connaissance du nouveau règlement et déposez votre candidature, sur notre site Internet : http://prixroberval.utc.fr.

Petit-déjeuner CNRS/AJSPI – Les technologies du photovoltaïque

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Vue d'artiste d'une ferme solaire volante (c) Grégoire Cirade - Le journal du CNRS

Le CNRS et l'AJSPI vous invitent à un petit déjeuner, jeudi 11 mai, à 9 h, au café Au père tranquille (1er étage), 16 rue Pierre Lescot Paris 1er, métro Les Halles : Les technologies du photovoltaïque.

Depuis le moratoire de 2010 sur le photovoltaïque, la France est toujours très bien placée en terme de recherches et développement, même si les investissements industriels ne suivent pas. Pour faire le point sur les technologies du photovoltaïque, nous avons invité :

  • Abdelilah Slaoui, directeur de recherche CNRS, a très longtemps dirigé l’équipe « Matériaux pour composants électronique et photovoltaïque » du laboratoire ICUBE (Laboratoire des sciences de l'ingénieur, de l'informatique et de l’imagerie, UMR CNRS/Univ. Strasbourg). Il a eu également la responsabilité de la fédération de Recherche sur l’Energie Solaire (FedEsol). Il est actuellement responsable de la cellule Energie du CNRS. Il échangera avec nous sur  les technologies photovoltaïques inorganiques et organiques: de l’état de l’art aux nouvelles technologies et tendances. 
  • Jean-François Guillemoles est directeur de recherche CNRS à l’Institut de recherche et développement sur l'énergie photovoltaïque IRDEP (CNRS/EDF/Chimie ParisTech), et directeur scientifique de l’IPVF (Institut Phovoltaïque de l’Ile de France). Il est également expert sur plusieurs technologies photovoltaïques. Il nous parlera entre autres des nouvelles générations de cellules solaires qui permettrait d’atteindre des très hauts rendements de conversion et qui repose sur des concepts très prometteurs.Il évoquera également son projet Franco/japonais qui permettrait de recueillir l'énergie solaire par des ballons flottant au-dessus des nuages afin de produire de l'électricité en continu.